4 avril 2019
Fusion municipale à Sainte-Madeleine
Maintenant ou jamais?
Par: Martin Bourassa

En ce monde, rien n’est certain, à part la mort et les impôts, dit la célèbre citation. On pourrait ajouter à cette courte liste de certitudes : et Simon Lacombe contre la fusion entre le village et la paroisse de Sainte-Marie-Madeleine!

Celui qui a dirigé les destinées de la paroisse pendant 37 ans n’a surpris personne en avouant la semaine dernière dans LE COURRIER qu’il n’endossait pas le projet de fusion qui sera soumis au référendum le 2 juin. Le sujet a d’ailleurs fait l’objet de deux séances d’information cette semaine à l’église, ce qui a permis aux protagonistes d’afficher leurs positions, voire les pommes de discorde. Essentiellement, l’ancien maire Lacombe estime qu’une fusion n’apportera rien de bon aux citoyens de la paroisse et ne règlera rien. « Allez demander aux gens de Saint-Pie ou à ceux de Saint-Thomas-d’Aquin s’ils ont sauvé quelque chose après la fusion », a lancé le politicien retraité.

Je n’ai pas posé la question à mes amis Saint-Piens, mais à ma connaissance, personne ne se réveille là-bas en pleine nuit pour maudire la fusion. Même chose à Saint-Hyacinthe et dans les anciennes municipalités qui ont été fusionnées. La fusion qui a donné naissance à la grande ville de Saint-Hyacinthe ne s’est pas faite au détriment du monde agricole et de la ceinture verte. Et elle n’a surtout pas empêché un producteur agricole de se faire élire à la mairie deux fois plutôt qu’une, une situation que plusieurs, dont le père de Claude Corbeil lui-même, n’auraient jamais cru possible. Si un cultivateur a pu se faire élire et imposer ses vues à Saint-Hyacinthe, la même chose pourrait donc se produire un jour à la tête d’une Sainte-Madeleine unifiée.

Identifié au camp du non, André Mousseau, candidat défait à la mairie de Sainte-Marie-Madeleine aux élections de 2017, a pour sa part dit s’inquiéter des impacts d’une fusion sur le compte de taxes des producteurs agricoles de la paroisse, alors que cette dernière vient à peine d’adopter un taux préférentiel à leur égard. Cette inquiétude arrive à point et pourrait facilement être écartée. À moins que Québec ne règle lui-même le dossier des taxes agricoles en décidant de légiférer sur cette situation depuis longtemps décriée par l’Union des producteurs agricoles du Québec. La Ville de Saint-Hyacinthe souhaite aussi que Québec règle bientôt ce dossier, elle qui a refusé de donner un peu de répit aux producteurs en décembre.

Les arguments qui nous font souhaiter une fusion prochaine des deux Sainte-Madeleine ne sont pas scientifiques ni économiques, même si la rentabilité de l’exercice a été démontrée par une étude pilotée par le ministère des Affaires municipales.

À nos yeux, et à ceux des deux maires actuels, une fusion serait davantage une suite logique des rapprochements des dernières années. Et j’ajouterais une façon de mettre fin aux tiraillements d’une époque révolue qui finissent par agacer tout le monde.

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