17 novembre 2011
Déneigement et environnement
Malaise à l’Hôtel de Ville
Par: Le Courrier

La note administrative gouvernementale, qui exempte les propriétaires de vastes stationnements de se conformer à la Loi sur la qualité de l’environnement en matière de transport et d’entreposage de neige usée, ne fait pas le bonheur des élus maskoutains.

Après le directeur des Travaux publics, Yvan de Lachevrotière, voici que les conseillers municipaux Alain Leclerc et Brigitte Sansoucy admettent eux aussi leur malaise quant à cette entorse dans la loi qu’opère le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP).

Bien que ce soit interdit, la note administrative permet aux propriétaires de grands stationnements de lever la neige du sol et de l’accumuler sur leurs terrains à condition de ne pas utiliser la voie publique se faisant. Les Galeries St-Hyacinthe ont notamment adopté cette pratique. Plusieurs commerçants en affaires autour du centre commercial dénoncent toutefois ce qu’ils considèrent comme une application inéquitable de la Loi. S’ajoute à leur frustration l’explosion du tarif d’accès aux dépôts à neige municipaux, qui est passée de gratuit en 2009-2010 au plus cher de la région l’hiver suivant.« Les élus sont préoccupés. On n’aime pas voir ce genre d’avantages concurrentiels qui favorisent certains commerçants, mais on se pose surtout beaucoup de questions sur le plan environnemental », a commenté Alain Leclerc, conseiller du district Bois-Joli, où a éclaté la saga du déneigement.La plupart des commerçants aigris dénoncent par ailleurs que le plus gros pollueur en matière de neige usée de la ville soit exempté d’une loi qui devrait préserver la qualité de l’environnement. À la fonte des neiges, les eaux usées du centre commercial s’écoulent dans le sol ou se jettent directement dans les égouts pluviaux municipaux.« Le ministère de l’Environnement ne met pas ses culottes pour faire respecter son règlement, laisse tomber Alain Leclerc. Les plus gros pollueurs sont souvent ceux qui ont la plus grande influence sur le gouvernement. C’est dans des situations comme celle-là qu’on voit qu’il y a toujours des ficelles qui sont tirées. »La conseillère Brigitte Sansoucy, qui siège au Comité consultatif en environnement, est aussi perplexe devant l’application de la loi provinciale. « En matière d’environnement, je me pose un tas de questions par rapport aux actions du gouvernement du Québec », affirme-t-elle sans détour.

Appel à la mobilisation

Malgré leur frustration évidente, les élus municipaux ont les mains liées dans ce dossier qui relève de compétences provinciales.

Le conseil a bien envisagé adopter un règlement municipal resserrant la Loi sur son territoire, mais le projet a vite été jeté aux oubliettes. « Les batailles juridiques seraient longues et coûteuses, note M. Leclerc, et les chances que ça aboutisse sont bien minces. Selon nos avocats, on se ferait tasser dans le coin. »Devant l’ingérable situation, les deux conseillers misent sur la mobilisation des gens concernés. « J’espère que ceux qui sont en colère cogneront à la porte du palier supérieur. Une action concertée du milieu d’affaires aura plus d’impact au MDDEP qu’une résolution du conseil municipal », croit Brigitte Sansoucy. « Peut-être que les commerçants des Galeries qui n’aiment pas voir la neige s’accumuler devant leur commerce ou qui sont sensibles à la cause environnementale peuvent en discuter avec la direction », ajoute même M. Leclerc, en soulignant qu’il doute fort que les Galeries conservent ces pratiques de déneigement encore longtemps. « Quand tu es propriétaire d’un grand terrain commercial, c’est pour le développer et faire des sous, pas pour y entreposer de la neige! »-30-

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