11 avril 2019
Pont étagé ferroviaire sur la 20
Malgré l’ouverture d’Ottawa, Québec passera son tour
Par: Jean-Luc Lorry

Deux fois par jour, le trafic de l’autoroute 20 à la hauteur de Saint-Hyacinthe est arrêté plusieurs minutes pour permettre le passage d’un train de marchandises en direction du parc industriel Théo-Phénix. En mortaise, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, lors d’un récent passage à Saint-Hyacinthe. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Même si le projet de construire un pont étagé ferroviaire sur l’autoroute 20 semble admissible à un financement du palier fédéral, Québec ne manifestera pas son intérêt auprès d’Ottawa en vue de partager les coûts de construction de cette infrastructure évaluée à 100 M$, a appris LE COURRIER.

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Cette infrastructure permettrait le retrait d’un passage à niveau qui oblige, deux fois par jour, l’arrêt du trafic pendant plusieurs minutes sur l’autoroute Jean-Lesage, pour permettre le passage d’un train de marchandises en direction du parc industriel Théo-Phénix.

Lors de la reconstruction du viaduc Laframboise, des fondations plus profondes ont été aménagées en vue de l’abaissement du corridor autoroutier sous un futur viaduc.

Avant de déposer une demande de cofinancement auprès d’Ottawa, Québec doit inscrire ce projet au Plan québécois des infrastructures (PQI). À la suite du dépôt le mois dernier du budget provincial, ce projet ne figure pas au PQI 2019-2029. « Ce projet n’est pas dans les dossiers priorisés par le ministère des Transports pour l’instant. Aucun budget n’est prévu à cet effet et donc aucun financement ne sera nécessaire », indique Josée Séguin, porte-parole de la direction régionale du ministère des Transports du Québec (MTQ).

Admissible selon Garneau

Le 15 janvier, Ottawa a lancé un appel de propositions dans le cadre du Fonds national des corridors commerciaux (FNCC). De passage à Saint-Hyacinthe dernièrement, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a confirmé que le projet de pont étagé ferroviaire pouvait se qualifier dans le cadre de ce programme. « Ici, l’enjeu est particulièrement la sécurité. Oui, ce projet est éligible au dépôt d’une demande de financement. Comme c’est le ministère des Transports du Québec qui est responsable de l’autoroute 20, il faut que l’initiative vienne du provincial », a-t-il indiqué en entrevue au COURRIER.

« Nous avons déjà reçu énormément de soumissions pour ce Fonds. Il n’y a pas d’échéancier pour postuler, mais l’enveloppe est limitée », a-t-il poursuivi.

Dans l’optique qu’un nouvel appel de propositions au FNCC serait lancé, la députée de Saint-Hyacinthe-Bagot, Brigitte Sansoucy, avait adressé une correspondance fin octobre 2018 au ministre Garneau. « Je vous demande de rester sensible aux demandes de mes homologues provinciaux dans le cadre du dossier de l’autoroute 20 et dans le cadre du dépôt éventuel d’une demande au Fonds national des corridors commerciaux pour ce dossier qui, à mon avis, cadre parfaitement dans les critères. […] Je suis d’avis qu’il serait astucieux d’avoir une structure d’étagement qui viendrait éliminer les risques inhérents à ce passage à niveau », avait écrit Brigitte Sansoucy.

Les projets déposés au FNCC seront évalués entre autres pour leur potentiel à remédier aux engorgements près des grands ports, des aéroports ou le long des corridors routiers et ferroviaires au Canada. L’objectif étant de contribuer à générer ou à accroître le commerce outre-mer. Selon l’emplacement géographique des projets qui seront déposés, la participation financière d’Ottawa pourra couvrir jusqu’à 50 % des coûts d’investissement.

Il y a un an, lors d’une rencontre entre la députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, et la direction régionale du MTQ, le coût de construction d’un pont d’étagement ferroviaire avait été évalué à 100 M$.

Non admissible selon Soucy

Après s’être informée auprès du MTQ et du Conseil du trésor du Québec, la députée Soucy a assuré que les projets d’infrastructures situés au Québec ne sont pas admissibles au FNCC, contredisant ainsi la version du ministre Garneau.

Pourtant, autant au cabinet du ministre des Transports qu’à Transports Canada, on maintient que ce Fonds est accessible aux projets venant du Québec.

En mars 2018, la députée Sansoucy soulignait dans nos colonnes que le développement du parc industriel Théo-Phénix exerçait une pression sur l’échéancier du projet.

Ce parc qui compte actuellement une quarantaine d’entreprises majoritairement manufacturières est en mode expansion. En mai débuteront les opérations d’une nouvelle meunerie ultramoderne et l’entreprise JEFO prévoit y bâtir une nouvelle usine.

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