14 juillet 2011
Une vocation
Manque de familles d’accueil en Montérégie
Par: Nicolas Dubois
La Maskoutaine Chantal Demers s'occupe d'enfants d'âge préscolaire qui sont sous la garde de la Direction de la protection de la jeunesse. Une façon de donner un nouveau départ dans la vie à ces petits. Pour devenir famille d'accueil, il faut téléphoner au 1 866 420-1584.

La Maskoutaine Chantal Demers s'occupe d'enfants d'âge préscolaire qui sont sous la garde de la Direction de la protection de la jeunesse. Une façon de donner un nouveau départ dans la vie à ces petits. Pour devenir famille d'accueil, il faut téléphoner au 1 866 420-1584.

Le Centre jeunesse de la Montérégie vit actuellement un manque criant de familles d’accueil pour s’occuper des enfants. Pas moins d’une cinquantaine de jeunes sont en attente de trouver un nouveau foyer. Un phénomène attribuable à une hausse des signalements faits à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et à une baisse du nombre de familles disponibles.

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En 2010-2011, on observe une hausse de 1 500 signalements d’enfants, vivant possiblement dans de mauvaises conditions familiales, comparativement à l’année précédente.« Nous sommes à analyser les causes de cette hausse de signalements. Mais la conséquence principale, c’est qu’il y a un grand manque de familles d’accueil », explique la coordonnatrice des ressources d’hébergement au Centre jeunesse de la Montérégie, Marie-Josée Audette. La pénurie de familles d’accueil affecte principalement les enfants âgés de 5 ans et moins. Ceux-ci requièrent évidemment une surveillance plus grande. Un des deux parents doit demeurer à la maison pour s’occuper de l’enfant.« C’est le résultat d’un changement culturel. Avant, la mère restait à la maison et s’occupait des enfants. Aujourd’hui, il est beaucoup moins rare que les deux parents travaillent. Il y a ainsi moins de familles pouvant s’occuper des jeunes enfants », précise Mme Audette.Les familles d’accueil peuvent s’occuper d’enfants pour des cas d’urgence, lors de courtes périodes et dans certains cas, jusqu’à l’âge de la majorité. Une compensation financière est offerte par la DPJ, variant de 20 à 30 dollars par enfant, par jour, selon diverses conditions.« Nous cherchons des familles capables de délicatesse. Un enfant qui est retiré de sa famille biologique vit un choc. Il est souvent en colère. Il a besoin de support », ajoute Mme Audette.Chantal Demers s’occupe d’enfants placés par la DPJ depuis deux années. La Maskoutaine avait pourtant donné; mère de trois jeunes adultes, elle a aussi tenu un service de garde pendant 25 ans.Mais elle désirait aider de jeunes enfants qui ont vécu des difficultés familiales. Pour elle, prendre soin des jeunes est une vocation. Son amour des enfants est inconditionnel. « Je ne veux pas que des enfants soient chahutés d’une famille à une autre, dit-elle. Une famille d’accueil, c’est la stabilité pour l’enfant. »Selon Mme Demers, pour devenir une famille d’accueil, il faut beaucoup de disponibilité, de persévérance et de patience. « Nous nous sommes occupés d’un jeune garçon de quatre ans qui, à son arrivée, n’arrivait pas à manger seul, à se laver ni à faire ses besoins à la salle de bain. Il fallait lui montrer les bases. La clé, c’est la patience », a illustré la Maskoutaine. Mais le sacrifice vaut le coup selon elle. « Je suis là pour redonner un nouveau départ dans la vie à certains enfants. J’ai le sentiment de les avoir aidés. »

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