29 novembre 2012
Marc Séguin : dense et complexe
Par: Le Courrier
Près d'une quarantaine d'oeuvres de Marc Séguin datant du début de sa carrière à aujourd'hui ont été rassemblées dans le cadre de l'exposition <em>Marc Séguin : la foi du collectionneur</em>, présentée jusqu'au 16 décembre à Expression.

Près d'une quarantaine d'oeuvres de Marc Séguin datant du début de sa carrière à aujourd'hui ont été rassemblées dans le cadre de l'exposition Marc Séguin : la foi du collectionneur, présentée jusqu'au 16 décembre à Expression.

Artiste de renommée internationale, Marc Séguin est un graveur, peintre et auteur québécois prolifique. Dans le cadre d’une exposition itinérante réalisée par le Musée d’art contemporain des Laurentides, en collaboration avec la Galerie Simon Blais, Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, présente, jusqu’au 16 décembre, l’exposition Marc Séguin : la foi du collectionneur.

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« Cette exposition est un beau concours de circonstances », avance la commissaire Andréanne Roy qui, avec la collaboration du Musée d’art contemporain des Laurentides, a rassemblé une sélection d’oeuvres rarement exposées au grand public. Cet heureux hasard découle du fait que cette dernière a anciennement travaillé à la Galerie Simon Blais, où sont entreposées des oeuvres de Marc Séguin. « Cela a donc été facile pour moi d’en emprunter quelques-unes », ajoute-t-elle.

Au total, cinq collectionneurs québécois ont été approchés par Andréanne Roy pour réunir cette rétrospective de la mi-carrière de l’artiste. Une quarantaine d’oeuvres, qui datent de ses débuts en 1994, alors qu’il est étudiant au baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia, jusqu’à 2011, offrent un panorama complet de la pratique peu ordinaire de Séguin. « Dès le départ, Marc a été soutenu par les collectionneurs d’un peu partout dans le monde, précise la commissaire. Depuis sa première exposition solo, en 2000, au Musée d’art contemporain de Montréal les choses se sont enchaînées rapidement pour lui. » Parmi la sélection d’oeuvres disponibles, ce sont évidemment les pièces les « plus fortes » qui ont été retenues dans le cadre de l’exposition. Mises en espace selon un ordre thématique, les oeuvres présentées dans le cadre de l’exposition rejoignent plusieurs moments de la carrière de l’artiste et cela commence, dès l’entrée dans l’aire d’exposition, avec une oeuvre de jeunesse qui définira son genre artistique.« Il s’agit de l’oeuvre la plus vieille de l’exposition. C’est un portrait qui a été saboté. Marc est un peu saboteur de son travail. Cela fait penser à une oeuvre classique combinée à de l’art brut dans la même toile. Cela va d’ailleurs occuper une place importante dans son cheminement artistique », commente-t-elle.Et les sujets qu’il exploitera ensuite ne sont pas roses. Guerres civiles, terrorisme, édifices en ruines, tueurs en série ou criminels de guerre, Marc Séguin n’hésite pas à mettre en images des sujets graves et provocants, et ce, par le biais du sentiment d’attraction et de répulsion.Perfectionné en grisaille, il va même, dans le cadre de certains tableaux, utiliser des cendres humaines, et parfois même du sang d’agneau, pour peindre. C’est dire à quel point la nature humaine est un sujet présent dans ces oeuvres, mais aussi dans le matériau. Bref, l’on pourrait parler longuement de l’artiste, de l’homme et de son oeuvre sans jamais avoir l’impression d’avoir tout dit parce que Marc Séguin a toujours quelque chose à dire. Il en fait la démonstration dans son deuxième livre Hollywood, paru cet automne, dans lequel il démoli le rêve américain.

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