21 mars 2013
Marie-Ève Perron : sans limites
Par: Le Courrier
Avec <em>Gars</em>, Marie-Ève Perron questionne le rapport amoureux d'aujourd'hui à l'aube de la trentaine.

Avec Gars, Marie-Ève Perron questionne le rapport amoureux d'aujourd'hui à l'aube de la trentaine.

Après une longue et riche collaboration de plus de sept ans avec le dramaturge et metteur en scène Wajdi Mouawad, Marie-Ève Perron vole maintenant de ses propres ailes avec sa compagnie Fille/de/Personne, établie à Saint-Hyacinthe, sa ville natale. Elle présente Gars, sa toute première création solo dont elle signe le texte, la mise en scène et l’interprétation, au Théâtre d’Aujourd’hui, à Montréal, jusqu’au 6 avril.

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Dès sa sortie du Conservatoire d’Art dramatique de Montréal, en 2004, la Maskoutaine s’est fait remarquer très vite par le milieu artistique. Sa collaboration avec Mouawad l’a amenée à jouer, entre autres, le personnage de Coryphée dans le spectacle Des femmes, réunissant les pièces Les Trachiniennes, Antigone et Électre de Sophocle, présenté l’an dernier au Théâtre du Nouveau Monde.

Entre temps, Marie-Ève Perron s’est aussi bâti une carrière en France où elle incarne à la télévision française le personnage de Cathy-casse-couilles, alias Lyne-la-pas-fine dans l’adaptation de la série québécoise Les Invincibles. Mais elle ne se limite pas qu’à l’interprétation et signe, en 2008, le texte et l’interprétation de son premier spectacle solo, Marion fait maison qu’elle reprendra au Festival Vue sur la relève, le 14 avril, à la Sala Rossa. Gars est toutefois la première création de sa compagnie Fille/de/Personne et dans laquelle elle s’investit autant. Son premier bébé si l’on peut dire. Au départ, c’est son instinct qui a parlé. La question logistique a suivi. « J’avais une idée de pièce, j’avais envie de l’écrire et je l’ai écrite, avance simplement Marie-Ève Perron. J’avais envie de la jouer, donc je l’ai jouée. Et finalement, la metteure en scène avec qui je voulais travailler n’était plus disponible, donc je me suis dit que j’allais faire la mise en scène. Ce n’est pas que j’ai la prétention de devenir metteure en scène, mais il s’agissait aussi d’une question de logistique pour la compagnie. Cela engendrait moins de dépenses. » Se décrivant comme une fille qui pose beaucoup de questions dans la vie, l’artiste maskoutaine a puisé l’essence du sujet de sa pièce dans les rapports amoureux à l’aube de la trentaine. « À mon âge, il y a beaucoup de désillusions autour de l’amour et de la vie de couple. Et je me demandais, maintenant que le modèle traditionnel qui veut que l’on se marie jeune et que l’on fasse des enfants n’existe plus, quel est devenu notre rapport à l’amour? Je dis souvent que l’on doit apprendre à ses dépens et qu’il n’y a aucune certitude dans la vie. Gars est un peu cela. On s’assoit, on se questionne et on réfléchit ensemble », explique-t-elle.Seule sur scène, Mme Perron était plutôt fébrile à quelques jours de la première qui a eu lieu le mardi 19 mars. Il faut dire que ses responsabilités sont grandes et comme elle dit, au théâtre, on ne se sent jamais vraiment prêt. Ce qui devrait être bon signe, car cela témoigne d’un grand souci de perfection. Et comme à l’habitude, elle ne craint pas le moment de se jeter à l’eau. « Le grand défi est surtout de bien s’entourer. Je suis entourée de gens bienveillants qui ne se gênent pas pour me dire si je me dirige dans un mur. Et il faut bien compartimenter chaque rôle au sein du travail. Il y a des moments où l’auteure doit se taire ou quand c’est le metteur en scène ou l’interprète qui doit se taire », conclut-elle.

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