17 mai 2018
Le Titan d’Acadie-Bathurst remporte la Coupe du Président
Mario Pouliot : les derniers seront les premiers
Par: Maxime Prévost Durand
« On a réussi à ramener un engouement et à rehausser la crédibilité de l’organisation afin de redonner aux gens une équipe qu’ils sont fiers de supporter », soutient l’entraîneur Maskoutain.

« On a réussi à ramener un engouement et à rehausser la crédibilité de l’organisation afin de redonner aux gens une équipe qu’ils sont fiers de supporter », soutient l’entraîneur Maskoutain.

Lorsqu’il est arrivé à la barre du Titan d’Acadie-Bathurst en 2014, Mario Pouliot devait piloter un navire à la dérive. À sa première saison dans les Maritimes, aucun miracle n’était possible et l’équipe a enregistré une fiche qui la classait au dernier rang de la LHJMQ. Quatre ans plus tard, le navire est bien redressé et la Coupe du Président, ultime honneur de la ligue, a été soulevée.

 

Le Titan, 2e au classement de la saison régulière, a remporté dimanche le 6e match de sa série face à l’Armada de Blainville-Boisbriand au compte de 2 à 1 afin de mettre la main sur le convoité trophée remis à l’équipe championne de la LHJMQ. Par-dessus tout, la formation vainqueure a triomphé chez elle, au Centre régional K.C. Irving.

« C’est la seule série qu’on a gagnée à domicile cette année. On avait battu Chicoutimi, Sherbrooke et Victoriaville chez eux, fait observer Mario Pouliot, dans un entretien téléphonique accordé au COURRIER mardi. Le fait que ce soit le 20e anniversaire de l’organisation cette année et qu’on gagne la Coupe du Président chez nous, ça a donné un cachet particulier de pouvoir célébrer avec nos partisans. »

Cet honneur représente beaucoup pour le Maskoutain, qui avait également connu une brillante époque comme entraîneur-chef des Gaulois de Saint-Hyacinthe (alors avec l’appellation du Collège Antoine-Girouard), de 2001 à 2008. « J’avais remporté la Coupe Jimmy-Ferrari (championnat des séries) dans le midget AAA. De remporter un championnat à un niveau supérieur, c’est spécial. On est seulement quatre entraîneurs à l’avoir fait [dans les deux ligues] », note-t-il.

Pour arriver à ce succès, Mario Pouliot affirme qu’il s’agit de « beaucoup de travail et de sacrifices ». Il se souvient, entres autres, de son passage avec le Drakkar de Baie-Comeau, où il a été entraîneur-chef durant deux saisons. Dix jours avant les séries éliminatoires de 2012, l’organisation l’avait congédié en raison des performances décevantes de l’équipe, l’amenant à une certaine introspection afin de poursuivre sa progression. « Ça n’a pas toujours été un beau chemin droit, mais l’important est de toujours y croire et de faire les ajustements nécessaires sur notre route », philosophe-t-il.

Ramener une culture gagnante

À sa première saison avec le Titan, Mario Pouliot n’a savouré que 17 victoires en 68 rencontres. « On s’attendait à ce que ce soit une saison difficile, avoue-t-il. Mais la fiche est un peu trompeuse. On avait une équipe qui travaillait fort. Il y a une quinzaine de matchs qu’on a perdus par seulement un but et neuf autres par un écart de deux buts. »

Cette saison a permis de tirer des leçons et de préparer les années qui allaient suivre. Avec des échanges opportuns, le Titan a réussi à se reconstruire tranquillement, s’améliorant d’une année à l’autre. « On est partis au bas de l’échelle et on est remontés. On a constamment progressé », souligne l’entraîneur.

Au fil du temps, le Titan ramenait peu à peu une culture gagnante au sein d’une ville qui avait perdu l’intérêt envers son équipe de hockey. Le fait de soulever la Coupe du Président, dimanche, devant un aréna bondé, a été une réelle consécration.

« On est parti d’un aréna à moitié vide il y a quatre ans à des billets qui se sont vendus en moins de trois minutes pour la finale cette année, résume Mario Pouliot. On a réussi à ramener un engouement et à rehausser la crédibilité de l’organisation afin de redonner aux gens une équipe qu’ils sont fiers de supporter. »

Un autre Gaulois au cœur de l’épopée

Mario Pouliot n’est pas le seul ancien de l’organisation des Gaulois de Saint-Hyacinthe à avoir fait sa marque avec le Titan ces dernières années. Le capitaine de la présente édition, Jeffrey Truchon-Viel, a lui aussi porté les couleurs de la formation maskoutaine, lors des saisons 2012-13 et 2013-14.

Arrivé à Bathurst la même année que l’entraîneur, il a gravi les échelons un à un, jusqu’à recevoir le trophée Guy-Lafleur dimanche, remis au joueur le plus utile des séries. « Ça a été un moment spécial de le voir soulever le trophée. On est arrivés en même temps avec le Titan, on a traversé ce parcours ensemble », lance Mario Pouliot.

Pour Truchon-Viel, les dernières semaines ont été un véritable tourbillon. En plus de connaître du succès sur la glace avec son équipe, l’attaquant s’est entendu avec les Sharks de San Jose.

Retomber sur ses pattes

À peine deux jours après les célébrations entourant sa conquête, le Titan est retombé en mode hockey afin de se préparer en vue du tournoi de la Coupe Memorial, qui se mettra en branle vendredi. Ils y rejoindront les champions des ligues de l’Ontario et de l’Ouest, les Bulldogs d’Hamilton et les Broncos de Swift Current, en plus de l’équipe hôte, les Pats de Régina. « On doit retomber sur nos pattes vite. On part déjà pour Régina demain, nous disait Mario Pouliot mardi. Il faut comprendre que le party est fini et qu’on s’en va faire face au plus gros défi de notre carrière. »

Le Titan d’Acadie-Bathurst entamera son tournoi à la ronde face aux Broncos samedi à 15 h (heure de l’Est), puis remettra ça dès le lendemain à 18 h contre les Pats, avant de conclure face aux Bulldogs mardi à 21 h. La demi-finale se tiendra le vendredi 25 mai, puis la finale sera présentée le dimanche 27 mai. 

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