4 octobre 2012
Maryse Rouy : la Révolution tranquille au féminin
Par: Le Courrier
L'auteure Maryse Rouy animera la conférence <em>Être jeune et Québécoise dans les années 60</em> le jeudi 11 octobre à la Bibliothèque Sainte-Rosalie, dès 19 h.

L'auteure Maryse Rouy animera la conférence Être jeune et Québécoise dans les années 60 le jeudi 11 octobre à la Bibliothèque Sainte-Rosalie, dès 19 h.

Depuis lundi, Memoria — Festival des oeuvres historiques se déroule à la Médiathèque maskoutaine et une grande variété de conférences est proposée à la population. Maryse Rouy, auteure de la nouvelle série littéraire Les pavés de Carcassonne animera la conférence Être jeune et Québécoise dans les années 60 le jeudi 11 octobre à la Bibliothèque Sainte-Rosalie, dès 19 h.

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Paru au printemps dernier, Les pavés de Carcassonne, Tome 1 — mai 1963 — janvier 1964 raconte l’histoire de Nicole, une jeune Québécoise nouvellement mariée qui accompagne son mari, George, à Toulouse le temps qu’il se destine à devenir professeur. Afin qu’elle se désennuie et qu’elle rehausse son estime de soi, George la convainc de s’inscrire en propédeutique en lettres. Quelques mois plus tard, celui-ci perd la vie dans un accident de voiture alors qu’ils sont en vacances avec des amis. Seule et démunie, Nicole parvient, avec l’aide de son amie Geneviève, à se dénicher un emploi comme guide touristique à Carcassonne où elle se découvre une passion pour le Moyen Âge.

Appuyée de lecture de passages des tomes 1 et 2, dont la sortie est prévue pour 2013, la conférence de Maryse Rouy traitera essentiellement de la condition féminine dans les années 60. Plus précisément, de l’éducation, des relations de travail et du bouleversement politique.Parce que même si Nicole se trouve sur un autre continent, la politique québécoise, marquée par l’essor du mouvement du Front de libération du Québec (FLQ), est au coeur des discussions des étudiants québécois partis à l’étranger pour parfaire leur éducation. Et cela donne une perspective différente de la situation politique. « Je trouvais cela intéressant d’amener un point de vue extérieur. Les personnages sont tenus au courant, mais de loin », précise Maryse Rouy. Mais il reste que ce sont les garçons qui seront davantage politisés. Tandis que les femmes s’engageront davantage du côté féministe, et ce, plus précisément dans le Tome 2.Quant à l’éducation, elle constitue un point culminant dans le récit. Non seulement elle est la raison pour laquelle un grand nombre d’étudiants quittent le Québec, mais elle est aussi au coeur des conflits entre Nicole et sa belle-famille. L’éducation de même que son ouverture culturelle pour l’époque médiévale l’aideront à rehausser son estime de soi. « La culture donne à Nicole davantage confiance en elle. Après son mariage, elle est bombardée dans un milieu qui n’est pas le sien. George vient d’un milieu bourgeois tandis qu’elle vient d’un milieu ouvrier. En commençant des études et en les réussissant, Nicole a maintenant la certitude de ne pas être moins instruite que les autres », explique l’auteure.Les relations de travail entre hommes et femmes ne sont pas négligées non plus. Bien que les femmes partagent de plus en plus d’intérêts avec les hommes, les relations de travail ne sont pas faciles pour autant et cela se percevra dans le prochain roman, selon l’auteure. Engagée en tant que professeure dans un couvent, la relation avec la prochaine génération de filles dans le couvent ne sera pas facile pour Nicole de même que le mépris des hommes et le manque d’équité dans le milieu.Avec cette oeuvre, Maryse Rouy remet en cause le regard superficiel que l’on porte sur les années 60, période de modernisation des sociétés et de grands progrès technologiques, et nous rappelle qu’il s’agit d’une période qui n’a pas toujours été rose. « Les années 60 n’ont pas été faciles, surtout pour les femmes », conclut-elle.

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