14 octobre 2021
Mazda MX-30 2022 : à 100 km du succès
Par: Marc Bouchard

Photo Marc Bouchard

J’aime les voitures électriques, je vous le confirme. Je pense qu’elles sont importantes dans la protection de l’environnement, tout le monde en conviendra. Mais j’ai aussi quelques principes discordants, comme le fait de dire qu’une voiture, peu importe son mode de propulsion, doit d’abord répondre aux besoins, réels ou psychologiques, de ses acheteurs.
Publicité
Activer le son

C’est ici que j’ai un petit souci avec la Mazda MX-30. Soyons clairs : la voiture est magnifique, dotée d’une finition haut de gamme, d’une conduite inspirée et d’un modernisme digne de mention. Mais elle ne propose que 161 kilomètres d’autonomie, pour un prix similaire, voire supérieur à ses concurrents directs. J’ai donc un peu de difficulté à comprendre les motifs de Mazda derrière ce nouveau produit.

Une première

On l’attendait depuis longtemps ce premier véhicule électrique de Mazda. On nous avait laissés entendre plein de choses qui, finalement, ne se concrétiseront que dans l’avenir. Comme la présence d’un moteur rotatif à essence de petite dimension qui agira comme génératrice et prolongera la capacité des batteries.

En attendant, Mazda nous arrive avec un véhicule défini comme un modèle urbain essentiellement. En d’autres termes, il est parfait pour un usage limité, mais n’est pas vraiment conçu pour un usage sur de longues distances.

Il faut dire que sa batterie de 35,5 kWh limite considérablement l’usage. Oui, elle est dotée d’une faible autonomie de 161 kilomètres, mais plus encore, on n’a pas insisté sur la vitesse de recharge. En fait, c’est même le contraire puisqu’il faudra quand même près de 40 minutes pour une recharge jusqu’à 80 % sur une borne de recharge rapide. Et trois heures environ pour une recharge complète sur une borne domestique.

C’est en regardant les comparables que la Mazda perd en crédibilité. Une Chevrolet Bolt, par exemple, propose d’office 417 kilomètres d’autonomie, une capacité de recharge rapide jusqu’à 80 % en 45 minutes (ce qui correspond au double de distance possible de la Mazda), tout en affichant un prix de vente inférieur.

Il est donc difficile de justifier la Mazda uniquement sur la base de sa motorisation électrique, de ses 143 chevaux ou de ses 200 livres-pied de couple. Elle possède cependant un certain nombre d’autres qualités qui valent quand même la peine de s’y attarder.

Un style unique

La Mazda MX-30, c’est d’abord la plus belle expression de la philosophie de commercialisation de Mazda. En d’autres mots, elle affiche un style remarquable et distingué, et tire davantage vers la voiture de luxe que vers la voiture d’entrée de gamme.

On en veut pour preuve une silhouette remarquable, dotée notamment de portes-suicides (des portes antagonistes qui s’ouvrent une face à l’autre) et d’une allure de coupé avec la partie arrière inclinée du plus bel effet.

Ajoutez à cela un habitacle tout à fait à la hauteur des attentes, avec des matériaux bien pensés, une qualité d’assemblage sans reproches et même un écran tactile facile d’utilisation. Une petite touche de liège vient compléter la console centrale au design contemporain.

Une conduite relativement dynamique, sans puissance remarquable cependant, des suspensions agréables et une direction précise complètent le portrait de cette MX-30. En fait, si ce n’était de son autonomie limitée, on pourrait dire que Mazda a frappé un grand coup.

Il y a quand même quelques défauts. Les places arrière et la méthode pour y accéder ne sont pas sans contraintes et demandent un peu de contorsion. Heureusement, à l’avant comme à l’arrière, le confort est de mise.

L’espace de chargement est limité, si on conserve la deuxième banquette relevée. Et le système d’infodivertissement a beau avoir été amélioré, il demande quand même quelques manipulations particulières pour trouver toutes les fonctions, certaines aussi simples que de changer de station de radio.

En résumé

Ne vous méprenez pas : j’ai beaucoup aimé la Mazda MX-30. Et je ne suis pas le seul puisqu’elle s’est taillé une place dans la liste des favorites de Chérie. Mais quand on s’est rendu en zone métropolitaine et que l’autonomie affichait déjà moins de 50 %, elle a perdu un peu de son charme.

Ajoutez 100 kilomètres de capacité à la batterie, et vous aurez en main une des meilleures voitures électriques du marché. Avec 161 kilomètres seulement, on a l’impression de toujours rester sur sa faim.

image