26 avril 2012
Médiathèque : une subvention conditionnelle
Par: Le Courrier
L'annonce de la subvention offerte à la Médiathèque de Saint-Hyacinthe en 2009 n'a jamais eu de suite. L'enveloppe remise par la ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre, au maire Claude Bernier était vide...

L'annonce de la subvention offerte à la Médiathèque de Saint-Hyacinthe en 2009 n'a jamais eu de suite. L'enveloppe remise par la ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre, au maire Claude Bernier était vide...

La Médiathèque Maskoutaine est prête à renoncer à la subvention de 805 000 $ que lui avait accordée le ministère de la Culture en 2009 pour consolider son réseau de bibliothèques. Le conseil d’administration a pris cette décision après que le Ministère ait imposé une nouvelle condition qui risque de mettre en péril le développement de la Médiathèque à plus long terme.

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Trois ans après l’annonce officielle, la Médiathèque a été informée cet automne qu’une nouvelle clause à l’entente l’empêcherait de formuler toute autre demande d’aide financière pour une période de 20 ans. Cette période correspond au terme de remboursement de l’emprunt effectué par le gouvernement du Québec pour offrir cette subvention à la Ville de Saint-Hyacinthe.

Or, le projet subventionné en 2009 n’était que la première étape d’un vaste plan de consolidation sur dix ans qui prévoyait trois phases. « En acceptant cette condition, on mettait une croix sur la possibilité d’obtenir un financement pour le reste du projet. Nous avons décidé de retirer notre demande de subvention et de repenser nos besoins à long terme », a expliqué le conseiller David Bousquet, qui siège aussi au conseil d’administration de la Médiathèque. Selon cette nouvelle orientation, la Ville de Saint-Hyacinthe formulera une nouvelle demande auprès du ministère de la Culture pour la réalisation d’un seul grand projet, sans toutefois avoir l’assurance qu’il obtiendra la faveur du gouvernement. « Le vrai risque, ç’aurait été de signer l’entente avec la fameuse clause. Un jour, on aurait reçu le 805 000 $ promis pour un projet dont le prix a déjà augmenté depuis l’estimation réalisée en 2009. La contribution de la Ville – et donc des citoyens – aurait été bien plus élevée que prévu, et ce, pour une seule des phases du projet global », a fait remarquer le conseiller, affirmant qu’il s’agissait de la décision la plus sage et la plus profitable à long terme.« Cet argent-là, on ne l’a jamais vu de toute façon, a rajouté l’ex-conseillère Huguette Corbeil, qui siège aussi au conseil d’administration de la Médiathèque. En 2012, cette phase de travaux aurait dû être achevée, mais il n’y a rien d’amorcé. Notre réseau de bibliothèque est dans un état lamentable. » Les travaux qui devaient être réalisés avec l’apport du gouvernement provincial étaient évalués à 1 612 184 $ en 2009. Ils comprenaient l’agrandissement de la Bibliothèque T.-A.-St-Germain, le réaménagement du pavillon Desjardins et l’agrandissement de la bibliothèque de Sainte-Rosalie. En incluant les deux autres phases qui devaient suivre, le coût total du plan de consolidation était estimé à 9 M$.La Ville de Saint-Hyacinthe a été mise au courant de la nouvelle orientation du conseil d’administration de la Médiathèque, mais ne s’est pas encore prononcée pour demander officiellement au Ministère de suspendre la subvention.

Des travaux urgents

D’ici à ce qu’une nouvelle demande de subvention soit déposée, des travaux urgents s’imposeront toutefois dans les trois édifices de la Médiathèque.

Le conseil d’administration aurait déjà identifié les problèmes les plus criants et soumis la liste au service des Loisirs, qui devra les prioriser avant de les soumettre aux élus. « Nous avions fait une organisation temporaire de nos ressources dans l’attente des travaux. Maintenant qu’on sait qu’ils seront inévitablement retardés, il faudra trouver des solutions », a expliqué le directeur général, Yves Tanguay. M. Tanguay cite entre autres le manque d’espace qui compromet la gestion et la conservation des livres, mais aussi les locaux inappropriés du pavillon Desjardins, qui n’ont jamais été adaptés aux besoins des bureaux administratifs.Malgré tout, M. Tanguay demeure confiant de pouvoir consolider le réseau de bibliothèques de Saint-Hyacinthe dans l’échéancier de dix ans qui avait été présenté en 2009. « Ce serait inacceptable que rien ne soit fait avant 2020. »

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