14 novembre 2013
Mettre l’argent à la bonne place
Par: Martin Bourassa
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La première ministre Pauline Marois a confirmé il y a quelques semaines qu’il n’y aurait pas d’élections générales cet automne. Mais de toute évidence, le message ne s’est pas rendu partout puisque ses propres députés multiplient les annonces depuis ce temps. Celui de Saint-Hyacinthe a tenu trois conférences de presse en autant de semaines, dont deux à la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe.

La plus récente concernait l’octroi d’une subvention de 4,3 M$ pour permettre l’ajout d’un complexe sportif à l’école Fadette, un projet qui chemine dans les méandres du ministère de l’Éducation depuis 10 ans. Depuis tellement longtemps en fait, et sous diverses formes, que Québec a perdu le fil et financé une vieille version du projet au lieu de la plus récente qui n’incluait pas de participation de la Ville.La direction générale de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe peinait donc à contenir son embarras lors de la conférence de presse officielle.Quelqu’un quelque part aurait dû allumer et dire au Ministère que l’idée de construire un centre multisport à l’école Fadette n’est plus d’actualité.Ce projet a perdu toute sa pertinence l’été dernier quand le Collège Antoine-Girouard (CAG) a fermé ses portes, et celles des gymnases de qualité du Séminaire.Dans le contexte actuel, tous seront d’accord pour dire que la dernière chose à faire serait d’investir un seul dollar de cette subvention pour aménager des installations sportives à Fadette. Alors doit-on retourner le chèque à Québec. Absolument pas.La logique commande plutôt de prendre cette subvention et de s’en servir pour s’approprier de façon permanente les gymnases du Séminaire.Même que la meilleure façon de rentabiliser cet argent serait de le prendre pour mettre la table en vue d’un transfert de l’école secondaire Fadette, puis éventuellement de l’école secondaire Casavant, à l’intérieur du Séminaire de Saint-Hyacinthe.Voilà ce à quoi devrait ressembler l’avenir de l’école publique chez nous : une ville et deux écoles secondaires, le Séminaire et la Polyvalente Hyacinthe-Delorme. En plus de répondre de façon plus adéquate aux besoins des clientèles scolaires, cette solution règlerait aussi le défi de définir l’avenir du Séminaire et des biens immobiliers et patrimoniaux qui vont avec. C’est une solution gagnante et optimale, et qui nécessitera même quelques millions supplémentaires pour mettre le Séminaire aux normes.J’espère seulement que l’éternelle question syndicale posée par l’accréditation des employés du CAG ne fera pas obstacle à ce projet porteur pour Saint-Hyacinthe.On a malheureusement trop vu dans la région de Saint-Hyacinthe les intérêts syndicaux d’un petit groupe passer avant ceux de la collectivité.Au niveau légal, on me dit que cet obstacle potentiel n’est pas incontournable, qu’il y a espoir que d’ici un an ou deux les astres s’alignent. Reste donc à convaincre le gouvernement du bien-fondé de réunir deux écoles au Séminaire, et les autorités du Séminaire qu’elles ont tout intérêt à préparer leur avenir dès maintenant, comme l’ont déjà fait avec sagesse d’autres communautés religieuses maskoutaines.

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