22 avril 2021
Hommage
Michel Louvain et ses visites maskoutaines
Par: Maxime Prévost Durand

La présence de Michel Louvain au Music-hall de la Fondation Aline-Letendre, en 2013, avait suscité un réel engouement des spectateurs. Photothèque | Le Courrier ©

Michel Louvain en entrevue à la radio de CKBS lors de l’un de ses premiers passages à Saint-Hyacinthe en 1960. Photo Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe

Le populaire chanteur de charme avait attiré plus de 3000 personnes à son spectacle aux Beaux mardis de Casimir en 2012. Photothèque | Le Courrier ©

Michel Louvain avait conquis le public au Festival rétro de Saint-Hyacinthe en 2000. Photothèque | Le Courrier ©

Centre des arts Juliette-Lassonde, Beaux mardis de Casimir, Festival rétro de Saint-Hyacinthe, Music-hall de la Fondation Aline-Letendre, le grand Michel Louvain les a tous faits. Tout au long de sa carrière, le regretté crooner, décédé paisiblement le 14 avril à l’âge de 83 ans, a entretenu une relation spéciale avec son public maskoutain. Hommage.

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« C’était quelqu’un de vraiment gentil, qui vouait un respect et un amour incroyable à son public », ont témoigné le directeur général du Centre des arts Juliette-Lassonde, Jean-Sylvain Bourdelais, et son équipe, qui ont eu le plaisir de le recevoir à plusieurs reprises.

Depuis l’ouverture de la salle maskoutaine, il y a 15 ans, Michel Louvain était monté sur ses planches à huit reprises, que ce soit avec ses propres tournées ou dans le cadre de spectacles spéciaux, comme Noël, une tradition en chanson et Les années bonheur. Il devait y revenir le 24 mai 2020 avec sa tournée La belle vie, mais le spectacle n’a jamais pu avoir lieu en raison des effets de la pandémie sur le monde des arts de la scène.

Selon ce qu’il a été possible de retracer dans nos archives, l’une de ses premières visites à Saint-Hyacinthe remonte à 1960, au tout début de sa carrière. Il était monté sur la scène de l’Hôtel Ottawa le samedi 20 août avec le spectacle Formidable, qui regroupait aussi les artistes Irène McNeil, Bob Burns, Betty Gromer et Ray Laliberté. Son histoire d’amour avec le public maskoutain n’a jamais cessé par la suite.

Véritable idole d’une génération, il a su créer un lien privilégié avec son public grâce à ses nombreuses visites dans la région, si bien que ses spectacles étaient toujours aussi courus malgré les années qui passaient.

Aux Beaux mardis de Casimir, en 2012, il avait attiré plus de 3000 spectateurs en plein air. En plus d’offrir au public les chansons qu’il voulait entendre, avec ses incontournables comme « Un certain sourire », « Sylvie » et « La dame en bleu », il s’était montré généreux de son temps en restant près d’une heure à discuter avec les gens à la fin du spectacle « parce qu’il ne voulait pas partir sans avoir rencontré tous ses admirateurs », peut-on lire dans les archives du COURRIER.

« C’était un homme de grande classe », affirme Christine Poirier, directrice générale de la Fondation Aline-Letendre, qui l’avait accueilli dans le cadre du Music-hall de l’organisme en 2013. Elle se souvient encore de l’engouement que sa présence avait créé, si bien qu’un montant record avait été amassé cette année-là dans le cadre de ce spectacle-bénéfice.

« Il y avait eu quelques pépins avec le piano [durant le spectacle] et M. Louvain ne s’était pas du tout offusqué du fait qu’il y avait des changements à l’horaire », témoigne-t-elle en soulignant sa bonté et sa simplicité.

Tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer en coulisses ont la même anecdote à partager : il repassait lui-même son pantalon et, une fois enfilé, il ne s’asseyait plus pour ne pas faire un pli. Un geste simple, mais qui témoigne à quel point il tenait à être à son meilleur pour son public.

Dans les jours qui ont précédé son décès, Michel Louvain avait dû être hospitalisé d’urgence en raison d’un cancer de l’œsophage qui lui a été diagnostiqué. Il a poussé son dernier souffle dans son sommeil.

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