20 décembre 2012
Mise en échec par la bande
Par: Martin Bourassa
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Il y a de l’eau dans le gaz, du sable dans l’engrenage.

Si le conseil de ville de Saint-Hyacinthe pensait régler en moins de deux le dossier des arénas, il devra sans doute revoir ses plans.La Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe vient de s’inviter dans le débat avec des arguments de poids. Disons qu’elle est loin d’être convaincue, et nous aussi, qu’il est dans son intérêt de voir débarquer l’entreprise privée sur ses terres.Ou du moins sur le site de l’Exposition agricole de Saint-Hyacinthe.Elle redoute entre autres une cohabitation commerciale difficile avec ce voisin encombrant et l’idée de se retrouver soudainement à l’étroit chez elle.Elle vient de faire part de ses réticences aux élus et demande certaines garanties avant de donner sa bénédiction au projet. Une bénédiction nécessaire par-dessus le marché. Personnellement, je doute que la Ville soit en mesure de rassurer nos amis de la Société d’agriculture. Et je doute également que la Ville soit en position de se passer de l’accord de la Société. Cette dernière se range en effet derrière des actes notariés qui semblent lui garantir plus que des accommodements raisonnables. À tout le moins, ces documents pavent la voie à une bataille juridique qui pourrait compromettre une conclusion rapide du dossier. Vu l’empressement de la Ville à céder au privé la gestion des glaces publiques de la Ville, c’est la meilleure chose qui pouvait arriver.À mon avis, on a encore besoin de temps pour réfléchir et soupeser le pour et le contre. Du temps pour analyser les avantages et les inconvénients. Du temps pour essayer de prévoir l’imprévisible et étudier toutes les options.Et il ne faut pas penser que la Société d’agriculture bluffe et qu’elle n’aura pas le courage de compromettre la conclusion d’une entente entre la Ville et le privé.Elle a prouvé par le passé qu’elle pouvait avoir la tête dure, en s’opposant à la construction d’un terrain de soccer synthétique extérieur sur le site de l’Expo. La Société n’avait pas hésité à intervenir directement auprès des politiciens provinciaux pour bloquer l’octroi d’une subvention. Alors si elle sent que le projet de glace privé peut nuire à la poursuite ou à la rentabilité de ses activités, la Société va s’y opposer.Et pour l’instant, disons qu’il y a plus de zones d’ombre que de lumière.En tout cas, je persiste à croire que la Ville met la charrue devant les boeufs.Que son idée de favoriser le privé repose sur du vent, qu’elle est aveuglée par les 15 millions que le privé lui fait miroiter et qu’elle se soucie bien peu des effets de son geste.Sa décision semble uniquement financière. Comme dans le cas du passage à niveau du boulevard Casavant. Et on connaît la suite, on aura finalement un tunnel.À la place des opposants, je ne perdrais pas trop de temps à essayer de ramener les conseillers et le maire Claude Bernier à la raison. Je miserais davantage sur la résistance des administrateurs de la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe.Ce sont eux qui semblent avoir le gros bout du bâton, et l’envie de s’en servir.Et on aurait tort de sous-estimer la grosse machine des agriculteurs.

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