9 avril 2020
COVID-19
Mises à pied : même l’Église n’est pas épargnée
Par: Rémi Léonard

Ces temps exceptionnels amènent des situations exceptionnelles, même à l’évêché de Saint-Hyacinthe. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La liste des entreprises et des organisations qui se voient contraintes à faire des coupures dans leur personnel ne fait que s’allonger depuis le début de la présente crise et atteint même l’Église catholique.

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Toute spirituelle soit sa mission, l’institution n’échappe pas pour autant à la réalité économique qui prévaut en ce moment, a confirmé au COURRIER le vicaire général, l’abbé Claude Lamoureux. Le diocèse s’est en effet résolu à se tourner vers les programmes mis en place par les gouvernements pour fournir un revenu à ses employés, a-t-il expliqué, faisant par exemple référence à l’aide de 2000 $ par mois offerte par le fédéral. Un « réseau d’aide » a également été mis sur pied pour s’assurer de soutenir les employés, a-t-il indiqué.

Dans une lettre pastorale, l’évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Christian Rodembourg, s’engage en effet à prendre « tous les moyens à [s]a disposition pour que personne ne manque de rien » pendant cette période. Les directives transmises sont néanmoins claires : « à moins d’une réelle nécessité, je recommande aux fabriques du diocèse de mettre à pied temporairement, dès le vendredi 27 mars, tout le personnel y compris les prêtres afin qu’ils bénéficient de [l’aide gouvernementale] », a-t-il écrit dans une missive datée du 23 mars, sans cacher qu’il s’agit d’une décision « crève-cœur ». Ce sont en effet les fabriques qui sont les employeurs du personnel qui œuvre dans chacune des églises, et non l’évêché, faut-il préciser.

L’Église catholique avait déjà réagi tôt au mois de mars aux premières restrictions imposées par le gouvernement Legault en suspendant les célébrations impliquant le rassemblement de fidèles. C’est notamment dans un souci d’être « solidaire des mesures gouvernementales » que le diocèse s’est résolu à redéfinir ainsi ses activités, a expliqué l’abbé Lamoureux. Depuis quelques semaines déjà, « la vie normale n’est plus la même », a-t-il d’ailleurs observé, un constat qu’on peut élargir à bien des domaines.

Paradoxe et innovation

Pour l’Église, la situation est tout de même étrangement paradoxale, à un moment où les fidèles ne peuvent se réunir, mais où les besoins spirituels demeurent toujours bien réels, services essentiels ou pas.

Cette période trouble amène également son lot d’innovations. Alors que les entreprises découvrent les vertus du télétravail et plus largement des communications électroniques, le diocèse de Saint-Hyacinthe a de son côté profité du moment pour lancer sa nouvelle web télé afin de rejoindre les fidèles directement chez eux.

Ce projet, Mgr Rodembourg le « portait » depuis son arrivée au diocèse, en 2017, mais le contexte actuel a fait en sorte que son lancement s’est rapidement imposé, de sorte que « l’accouchement a été quelque peu provoqué », a écrit avec une pointe d’humour le responsable des communications du diocèse, Luc Benoit. Encore tout récent, ce portail numérique baptisé Zephir.tv, un clin d’œil historique au 4e évêque de Saint-Hyacinthe, Louis-Zéphirin Moreau, est déjà alimenté quotidiennement par différents contenus, particulièrement pendant la Semaine sainte.

Ce dimanche, une messe de Pâques virtuelle sera également offerte par l’abbé Jacques Lamoureux, de l’Église vivante. De plus, il est toujours possible de visionner les messes diffusées régulièrement par NousTv Saint-Hyacinthe. Quant à la messe chrismale, elle est reportée « de telle sorte qu’elle sera, une fois l’épidémie passée, un grand moment d’action de grâce pour notre Église », a également informé l’évêque de Saint-Hyacinthe. Vous avez peut-être aussi remarqué pendant votre confinement que les cloches des églises sonnent tous les jours à midi et à 18 h. Il s’agit d’une nouvelle directive du diocèse pour appeler les fidèles à la prière de l’Angelus.

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