6 août 2020
Mission réussie : courir tout Saint-Hyacinthe
Par: Maxime Prévost Durand

Philippe Godin s’était donné le défi de courir sur chaque rue de Saint-Hyacinthe, un exploit inusité qu’il a complété à la fin juillet. Photo gracieuseté

Après chaque sortie, Philippe Godin marquait les rues parcourues à l’aide d’un surligneur. Une couleur différente était utilisée pour chaque année qu’aura duré le défi. Photo gracieuseté

Courir l’ensemble des rues de Saint-Hyacinthe, c’est le défi que s’était donné le Maskoutain d’adoption Philippe Godin. Près de 450 kilomètres plus tard, le coureur de 28 ans a pu dire « mission accomplie » à la fin juillet en franchissant son dernier tronçon de rue.

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Il lui aura fallu près de trois ans pour mener à terme ce défi, qu’il s’était fixé sans objectif de temps ni d’échéancier pour le compléter.

« Au début, j’ai commencé avec les rues autour de chez moi pour voir comment ça allait. Je me disais que je pourrais peut-être le faire juste en un été, en faisant 100 km par mois. Mais une fois que le hype du début était fini, je me suis dit que je n’étais pas obligé de le faire le plus vite possible, ce n’était pas le but de la chose », confie-t-il dans un entretien avec LE COURRIER.

Arrivé de Québec il y a plusieurs années pour étudier en médecine vétérinaire, Philippe Godin a gradué en 2016. Il a ensuite entrepris une maîtrise et poursuit aujourd’hui son doctorat en biologie de la reproduction.

Sportif de nature, il jouait au soccer jusqu’à tout récemment et est un adepte d’escalade et de course en sentiers. L’an dernier, il avait même terminé en 3e place sur la distance de 10 km au Défi Gérard-Côté. Il dit néanmoins être moins friand de course sur route, donc ce défi l’amenait à aller chercher la motivation nécessaire pour s’entraîner dans les rues.

L’idée d’un tel projet a fait son chemin après qu’il eut vu l’exploit réalisé par l’Américain Rickey Gates, qui a popularisé les défis « every single street » en parcourant toutes les rues de San Francisco.

« Il y avait aussi le côté insolite de la chose. Je me disais que ça n’avait sûrement jamais été fait ici », soutient le coureur maskoutain.

Suivre l’évolution

À l’aide d’une carte trouvée sur le site de la Ville de Saint-Hyacinthe qu’il a imprimée, Philippe surlignait au retour de chacune de ses sorties les rues sur lesquelles il était passé. Pour chaque année, une couleur différente est utilisée.

Pour son défi, il s’était fixé une seule condition, soit de partir chaque fois de chez lui, près de la Faculté de médecine de vétérinaire. C’est donc dire que pour aller parcourir un 5 km du côté de Sainte-Rosalie, par exemple, il lui fallait faire une sortie bien plus longue. Cela faisait en sorte qu’il devait souvent repasser par des endroits où il avait déjà couru.

« J’essayais de voir quel parcours faire pour que ce soit le plus rentable et repasser le moins possible sur les mêmes rues », raconte-t-il.

Lors des deux premières années, ses sorties étaient en moyenne de 10 km. Cette année, la moyenne s’est élevée autour de 16 km en raison des secteurs plus éloignés qu’il lui restait à couvrir.

Son expérience de course à pied lui a fait découvrir plusieurs secteurs de la ville qu’il n’avait jamais visités, un côté qui lui a plu même si cela n’était pas le but premier. « Je n’étais jamais allé au nord de l’autoroute 20. C’est Saint-Thomas-d’Aquin, je crois? », lance-t-il après une brève hésitation.

« Ça m’a permis de voir toutes les grosses baraques de Saint-Hyacinthe, poursuit-il. J’ai vu toute sorte d’affaires. Il y a des endroits où il y avait des maisons mobiles. Je ne savais pas qu’il y en avait ici. Quand les gens disent un nom de rue, je sais maintenant c’est où. »

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