3 septembre 2015
Mobilisation citoyenne
Par: Martin Bourassa
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Si vous recommencez à vous intéresser peu à peu à la ­politique municipale maintenant que l’été tire à sa fin, sachez que les dernières ­semaines ont été relativement calmes dans la région de Saint-­Hyacinthe, terre d’innovation.

Relativement calme ne veut pas ­nécessairement dire qu’il ne s’est rien passé de significatif dans la Cité du maire Claude Corbeil. Au contraire.

Même que deux dossiers de mobilisation citoyenne nous réconfortent ­grandement à propos de l’intérêt que portent les Maskoutains aux affaires ­municipales.

Ces dossiers sont ceux de la démolition de la E.T. Corset et de K&C Diesel.

Le (très) long et épineux dossier de la E.T. Corset est sur le point de connaître son dénouement puisque c’est hier soir à 19 h qu’a été fermé le registre avec lequel les opposants au projet de démolition et de revitalisation pouvaient forcer la ­tenue d’un référendum ultime sur la question. Il suffisait de 24 signatures sur une possibilité de 132 pour bloquer le projet. Que l’on soit pour ou contre la ­démolition, il faut quand même ­reconnaître aux opposants une certaine détermination.

Disons que les procédures bureaucratiques et légales qui obligent les ­opposants à s’opposer d’abord à un ­projet de règlement, puis à signer un ­registre sont plutôt de nature à refroidir les ardeurs des plus décidés qu’autre chose.

Dans la mesure où un référendum devrait être tenu dans le dossier E.T. Corset, cela signifie que c’est à trois reprises que les opposants auraient été appelés à ­signifier par écrit leur mécontentement. Ce sera toutefois aux élus municipaux de dicter la suite si le registre est concluant, eux qui croyaient pourtant s’être débarrassés de cette patate chaude. Il serait très étonnant qu’ils poussent le tout en référendum.

Ce qui le serait moins par contre c’est que les promoteurs se tannent et ­décident d’aller se faire voir ailleurs, au lieu d’adapter leur projet à la volonté d’un petit groupe qui essentiellement n’a rien contre la revitalisation souhaitable du secteur, mais en ont contre la démolition d’une bâtisse patrimoniale.

On a beau dire, et c’est bien là le coeur du problème, personne n’a réussi à faire la démonstration que la E.T. Corset ­devait être démolie à tout prix.

Et dans le système actuel, qu’on aime ou pas, 25 personnes décidées ont le ­pouvoir de faire dérayer un investissement de plusieurs millions de dollars.

L’autre dossier qui a mobilisé quelques résidants convaincus est celui de l’entreprise K&C Diesel dont l’implantation dans le secteur Saint-Thomas-d’Aquin a fait grand bruit. Disons que l’entreprise a été accueillie avec une brique et un fanal, elle qui a débuté ses opérations avant même que le zonage ne l’y autorise. Ce qui ne semblait être qu’une simple ­formalité a pris une toute autre tournure.

Les résidants de ce quartier paisible ont tout fait pour qu’il le demeure en s’opposant à la procédure de changement de zonage. Encore là, une poignée de résidants ont été suffisants pour ­bloquer, voire retarder un investissement à Saint-Hyacinthe, dans la mesure où l’entreprise pourra bientôt se ­relocaliser ailleurs dans la ville.

À travers tout cela, il est quand même réconfortant de savoir que les simples ­citoyens ont encore leur mot à dire dans le développement ou l’avancement de leur communauté, et que l’acceptabilité sociale a aussi sinon plus d’importance que les retombées financières associées aux projets qui nous sont présentés.

Mais encore faut-il être informé de ce qui se passe dans son milieu, être à l’écoute et avoir le goût de s’impliquer, même si certaines batailles semblent inégales au départ.

Il y aura certainement quelques leçons à retenir des dossiers E.T. Corset et K&C Diesel. La première et la plus importante à nos yeux, c’est que les citoyens de Saint-Hyacinthe ont conservé leur capacité de s’indigner et de se mobiliser lorsque ­nécessaire. Ils ne veulent surtout pas être tenus pour acquis.

C’est bon à savoir n’est-ce pas?

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