22 août 2013
Mon retrait de la mairie de Saint-Marcel-de-Richelieu
Par: Le Courrier
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Monsieur Benoit Lapierre, journaliste

Je viens de prendre connaissance de l’article paru sous votre plume dans l’édition du 15 août du Courrier. Ça m’a fait sourire un peu au moment où je viens de commencer à annoncer au personnel et aux conseillers et conseillères de la municipalité, dans un premier temps, de même qu’à quelques citoyens de Saint-Marcel-de-Richelieu, à ce jour, que, tout compte fait, je ne me représenterais pas au poste de maire, le 3 novembre prochain. Déjà en 2009, je m’étais interrogé à savoir si je restais ou si je passais le relais. Plus de vingt ans au conseil dont huit au poste de maire, alors, je me disais que c’était assez correct. Mais, le chantier égout en branle, le projet de conversion de l’église locale en marche en partenariat avec la fabrique locale et notre valeureux curé, un petit parc public à se donner, le parc-école à bonifier et quoi encore. Allez, hop! Quelques autres bons coups de collier à donner avec le vent dans les voiles et du plaisir à le faire avec l’équipe municipale et les bénévoles de la place. Puis, le temps passant et la période électorale de 2013 s’approchant à grands pas, encore la même question. J’arrête ou je continue? Stop ou encore? Il est bien vrai que je vous ai dit que je me représenterais. Peut-être pas de la manière aussi enthousiaste que vous l’avez écrit, je n’en sais trop rien, mais tout de même avec assez d’élan et de bonne humeur malgré le stress et la fatigue accumulés. Toutefois, certains événements des tout derniers temps, c’est-à-dire après que nous nous soyons parlé, m’ont fait réaliser qu’il était vraiment le temps venu que je cède ma place à ce titre à quelqu’un d’autre. Quand un maire en est rendu à péter les plombs et à insulter un citoyen de la place en le traitant de tous les noms, il est en devoir de se poser la question à savoir si, ce faisant, il représente encore bien les citoyens. Vérification faite auprès des gens, il semblait bien que oui, mais tout de même…Mais, là, quand un maire en est rendu à se dire que, s’il continue, il va récidiver avec d’autres personnes, qu’il aime bien au demeurant, parce qu’il n’a plus la patience d’accepter ou la force de contrer ce genre de situation, c’est selon. À se dire que, s’il continue, cela risque de faire en sorte que ça vire en foire d’empoigne comme dans une certaine municipalité voisine tel qu’on en a déjà eu la menace au bureau municipal. Là, le maire que je suis encore pour un court laps de temps dit : « Wo! » La population de Saint-Marcel-de-Richelieu ne mérite pas ça. Notre petite municipalité est trop belle, calme et bien organisée désormais pour que nous y vivions collectivement ce type de scénario peu enviable. En semblables circonstances, la fuite en avant est fortement conseillée par le bon et sage docteur Henri Laborit qui vous dit quelque chose comme de changer d’air si vous en arrivez à considérer à tort comme à raison que des gens vous le pompent à ce point. C’est ce que je vais faire en prenant mieux soin de ma famille, de mes amitiés et de ma santé comme en m’occupant mieux de mes affaires personnelles et professionnelles. Le monde, lire la Terre, est une merveille et son environnement est en péril. Il y a là matière à se préoccuper et à s’occuper de bien des manières. Ne serait-ce qu’en mettant la pédale plus douce et en posant des gestes, si insignifiants soient-ils, que nos enfants et petits-enfants sauront apprécier à leur juste valeur un jour ou l’autre, sinon sur le coup. Le dossier environnemental, dans tout le vaste champ exploratoire du terme, l’agriculture et les cours d’eau en étant, m’intéresse depuis toujours. Enquêter, lire et écrire sur le sujet pourrait probablement s’avérer être une bonne manière d’occuper une part de ce temps de retraite que je m’accorde en quittant la mairie. Par ailleurs comme par ici, le Québec est un état vaste, riche et beau qui mérite et qui est tout à fait capable avec ses gens et ses ressources, son génie et sa créativité de devenir un pays exemplaire à l’échelle mondiale. Si, jusque dans une certaine mesure, il m’est loisible encore là de mieux mettre l’épaule à la roue pour, en support à d’autres personnes, aider à la réalisation d’un tel projet de société à l’échelle nationale, vous m’en verrez satisfait et heureux. On verra bien. Si ce n’est pas ça, ce sera autre chose. Et il me restera toujours le farniente, les jeux de société et les mots croisés, si l’inspiration vient à manquer. Cela dit, je tiens à remercier la population de Saint-Marcel pour sa confiance et le privilège qu’elle m’a accordé de la représenter durant toutes ces belles années. Je laisse avec la satisfaction du devoir accompli et un bilan de réalisation de projets et de gestion de budgets que je considère être très respectable. Il s’agit là de réalisations faites avec l’aide d’un personnel dûment qualifié et intègre dans la gestion administrative et budgétaire des affaires municipales locales. Un personnel peu nombreux que je tiens aussi à remercier grandement et à féliciter pour le bon travail accompli avec toute la rigueur nécessaire ou la souplesse voulue, selon les circonstances et les dossiers à traiter. Des réalisations, aussi, faites avec l’aide des conseillers et conseillères qui, malgré leur maigre pour ne pas dire honteuse rémunération à ce titre, ont su mettre l’épaule à la roue et s’engager résolument pour le mieux-être de notre population. Ce dont je leur suis très reconnaissant en mon nom personnel comme au nom de toute la population marceloise, qu’on le sache bien. C’est à ce genre de candidats et candidates qui ont des idées et des projets réalisables en tête que j’invite les électeurs à accorder leur vote. Un gentil coup de chapeau en passant au personnel et aux conseillers et conseillères de la MRC des Maskoutains, préfet compris(e), à toute la vaillante équipe du CLD qui ne mérite aucunement le traitement qu’on lui réserve dans vos pages éditoriales ou autres, selon moi, ainsi qu’à toutes les personnes des entreprises, institutions et organismes avec lesquelles j’ai eu tant de plaisir à échanger des propos et des connaissances et à partager des expériences de travail très enrichissantes à plusieurs égards, sans salaire comme sans enveloppes brunes aucunes. Enfin, vous dirai-je ou me direz-vous, l’engagement municipal, quoiqu’exigeant en soi, est captivant à toutes sortes d’enseignes. Il est heureux que des gens y arrivent par eux-mêmes, plutôt que poussés dans le dos. Y arrivent sans qu’il y soit question de leurs intérêts personnels ou corporatifs. Ou, encore, sans qu’il y soit question de régler des comptes, comme on dit, en faisant de la petite politique de très bas étage. Il est heureux aussi que nos populations locales ne votent jamais pour des gens qui déclarent ouvertement que les lois et règlements sont faits pour être contournés. Avec la Commission Charbonneau et l’UPAC, on voit bien où cela mène, ultimement. L’idée principale, dans tout ça, c’est de tenter de procurer du plaisir et du confort à la population en prenant son pouls, d’abord, et le moins possible son argent, par la suite. À Saint-Marcel-de-Richelieu, nous avons un des plus bas taux de taxation foncière, des services diversifiés et la presque totalité de nos bâtiments, infrastructures et équipements municipaux sont payés. Nous avons aussi un très bon montant d’argent comme surplus en caisse qu’il reviendra au nouveau conseil de bien gérer financièrement et de mettre à contribution pour la réalisation de projets structurants. Des projets permettant, un, la diversification des activités locales, deux, la création d’emplois intéressants et, trois, la génération d’une richesse collective avec l’arrivée de nouvelles familles. C’est là ce que je nous souhaite vraiment avec une bonne participation citoyenne pour assurer le maintien de l’ordre et de nos services ainsi que la vitalité de notre communauté. Au plaisir des débats et des combats nouveaux, donc.

Yvon Pesant, futur ex-maire,Saint-Marcel-de-Richelieu

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