12 décembre 2013
Monsieur Roux, le divin comédien
Par: Le Courrier

Le monde médiatique nous informait récemment du décès le 28 novembre de l’émérite comédien et metteur en scène Jean-Louis Roux.

Pour les citoyens plus âgés, l’image première qui nous vient à l’esprit aura probablement été celle de ce Ovide Plouffe, de la fameuse émission tirée du roman de Roger Lemelin, au début de la télévision francophone en Amérique. Je ne suis d’aucune manière relié au monde du théâtre, sauf pour en être un spectateur, tout comme ma conjointe. Cette forme d’art à laquelle je me suis initié succinctement par les représentations de nos étudiants en théâtre à Saint-Hyacinthe, plus tard, je l’aurai retrouvé dans une large mesure par ces Jean Gascon, Jean Duceppe, Yvette Brind’amour et bien entendu Jean-Louis Roux. Personne ne pourra nier que M. Roux aura été un acteur efficient, réputé et intéressant dans ses apparitions à la télévision et au cinéma. Cependant, le même homme devenait majestueux, sublime et un être hors du commun lorsqu’il montait sur les planches. Pour lui, il n’y avait pas de petits ou grands rôles, chacun devait être joué avec un souci de perfection. En sa présence sur scène, on percevait de ses confrères et consoeurs, un respect qui leur commandait leur propre dépassement. Que de beaux moments nous aurons vécu au Théâtre du Nouveau Monde, chez Duceppe, au Rideau Vert ou ailleurs. Ces oeuvres, ces mises en scène, des décors, des sons, des lumières et ces artistes qui livrent le meilleur d’eux-mêmes. La comédie, le drame, la féérie qui nous transportent hors de nous et nous forcent bien souvent à la réflexion une fois le spectacle terminé. Ah! Cet art qui nous permet le temps du spectacle d’oublier le quotidien, où les humains qui jouent nous semblent à la fois palpables du bout des doigts et du même coup d’une autre dimension.Jean-Louis Roux, votre passage terrestre est terminé. Mais n’en doutez point, vous y aurez laissé le meilleur de vous, autant pour vos proches que pour tous ceux qui comme moi, vous aurons vu, entendu et admiré.Rien ne pourra effacer de nos mémoires, vos magistrales interprétations, tiens, je vous vois encore sous la couronne de ce Roi Lear.Et j’ose vous imaginer, Jean-Louis, à discuter théâtre, sous un saule près de la rivière Avon dans un Strafford paradisiaque avec Aristophane, Shakespeare, Molière, Ionesco, Feydeau, Shaw, Tchekhov, Cocteau …

Jacques P. MorinSaint-Hyacinthe

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