16 janvier 2020
Forum
N’avalez pas n’importe quoi
Par: Le Courrier

Dans un premier temps, j’aimerais simplement préciser que je n’ai assisté à aucune audience que la Ville de Saint-Hyacinthe et Exceldor ont tenue devant la CPTAQ. Mais je suis ce dossier depuis son premier rejet en janvier 2019. Mais, selon moi, pour la Ville et Exceldor, tout est une question de crédibilité.

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Le premier projet présenté par Exceldor était de 175 M$. Il a été rejeté en janvier 2019. Qu’a fait Exceldor, elle bonifie son projet à 200 M$ avec possibilité d’atteindre 400 M$ et 1200 emplois (voir Le Courrier 27 juin 2019), se disant probablement que là, ça ne pourra être refusé. Pourquoi n’a-t-elle pas présenté le projet dans son ensemble (si c’était le cas) dès le départ (-1 pour Exceldor)?

En plus, Exceldor dit qu’elle ne peut s’installer dans le parc Théo-Phénix par souci de biosécurité. Mais, selon l’UPA, il y aurait aussi au moins trois usines dans le parc Olivier-Chalifoux (site reluqué par Exceldor) qui représenteraient des problèmes de biosécurité (Le Courrier 27 juin 2019) (-2). Dans ce même reportage, Exceldor dit aussi que la nouvelle usine générera plus de 400 déplacements en voiture et plus de 50 remorques quotidiennement. La CPTAQ s’est probablement dit que peu importe l’endroit où sera cette nouvelle usine, il y aura le même nombre de déplacements; que ce soit au sud ou au nord de la 20 (-3).

Peut-être que la CPTAQ a mis en application les nouvelles publicités d’Exceldor : n’avalez pas n’importe quoi? Dans le premier rejet, la Ville affirmait, même si elle connaissait l’existence du 38 hectares dans le parc Théo-Phénix (voir Le Courrier 31 janvier 2019), qu’il n’y avait aucun terrain vacant de plus de 20 hectares de disponible (-1 pour la Ville).

Peut-être aussi que la CPTAQ s’informe de l’actualité de Saint-Hyacinthe pour en connaître un peu plus? Peut-être que la CPTAQ a regardé les consultations publiques que la Ville fait (ou a fait) :

– Rêvons notre promenade Gérard-Côté, qui a résulté en un changement de zonage pour des immeubles de six à huit étages (-2).

– Définissons notre nouveau PPU pour le centre-ville, qui donnait le choix entre stationnement et stationnement (-3).

– Le fameux « chantier centre-ville », qui est composé majoritairement de gens liés de près ou de loin à la Ville (-4).

– Définissons notre Plan de développement durable. Dans son document « diagnostic en développement durable », la Ville mentionne qu’une petite portion de la population est en désaccord avec la surdensification du centre-ville. Si plus de 100 personnes présentes à la séance du conseil le 17 décembre 2018 (voir Le Courrier 20 décembre 2018) n’est qu’une petite portion, j’aimerais bien savoir ce que ça prend pour dire que les citoyens ne sont pas d’accord (-5).

Peut-être que la CPTAQ a regardé le dossier RIAM, où la Ville a court-circuité le processus décisionnel ainsi que démocratique (-6)? Peut-être que la CPTAQ a regardé la Déclaration d’urgence climatique que la Ville a faite? Une version « maison » qui ne ressemble en rien avec celle adoptée par plus de 365 Municipalités au Québec (-7) et qui ne fait que mettre en avant-plan son Plan de développement instable (s’cusez, durable)!

Peut-être que la CPTAQ a regardé les séances du conseil qui, même si tous les conseillers sont indépendants, adoptent plus de 99 % de ses règlements à l’unanimité (-8)? Que ce même conseil bâillonne « la vraie » opposition (c’est-à-dire les citoyens) en les limitant à deux questions par séance (-9).

Peut-être que la CPTAQ ne croit pas que la requalification des terrains au centre-ville (en stationnements) qui a couté 2,9 M$ ne soit qu’un « concours de circonstances » et aucunement lié à Groupe Sélection (-10)?

Peut-être que la CPTAQ n’a rien fait de tout cela?

Mais une chose est sûre, la Ville et Exceldor n’ont pas joué franc jeu avec la CPTAQ. Et les instances décisionnelles, comme la CPTAQ ou la Cour, n’aiment généralement pas être menées en bateau. Et, quand elles s’en rendent compte, elles ne donnent souvent pas de 2e chance.

Et n’oublions pas que toute cette saga se passe dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre partout au Québec. Je sais que c’est utopique, mais j’aimerais tant que l’on mette les gens en avant-plan et non seulement les $$$. Cependant, je sais que toutes les meilleures intentions du monde ne font généralement pas le poids devant les beaux $$$ (en subventions ou autres).

Daniel Malenfant, Saint-Hyacinthe

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