24 juillet 2014
Minicentrale
Négociation obligée avec Québec
Par: Le Courrier

Si le renouvellement de l’entente qui lie depuis 20 ans la Ville de Saint-Hyacinthe à l’exploitant de la centrale hydroélectrique ne s’est avéré qu’une simple formalité, il n’en va pas de même pour celle qui concerne l’eau de la rivière Yamaska.

En faisant l’acquisition, il y a une quinzaine d’années, de la centrale construite par Boralex à Saint-Hyacinthe en 1993, la firme ontarienne Algonquin Power Fund est devenue la bénéficiaire du bail que le gouvernement du Québec avait consenti à Boralex pour l’utilisation de forces hydrauliques sur les terres du domaine public.

Mais avant d’être reconduit pour 20 autres années, ce bail, qui est arrivé à échéance le 22 mai 2014, devra faire l’objet de discussions avec le gouvernement quant aux conditions de son renouvellement. « Le désir du locataire de renouveler le bail nous a été signifié en 2011. Nous allons maintenant travailler à ce renouvellement au cours des prochains mois », a indiqué Nicolas Bégin, porte-parole du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec.M. Bégin a confirmé que dans le cadre des discussions sur le renouvellement du bail, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques allait aussi être consulté sur d’autres questions que celles reliées à l’utilisation des forces hydrauliques.Le débit d’eau qui sera réservé à la rivière au cours des prochaines années est un élément qui sera sans doute examiné par le Ministère et son Centre d’expertise hydrique. Le certificat d’autorisation délivré aux promoteurs en 1993 n’exigeait qu’un débit réservé de 2 m 3 /s, celui qu’avait suggéré le promoteur. Il a été jugé nettement insuffisant par la commission d’enquête Doyon, laquelle avait été chargée en 1995 d’examiner le programme des petites centrales privées. Dans le rapport qu’il a soumis au gouvernement en 1997, le juge François Doyon recommandait que le débit minimum réservé soit haussé à 7 m 3 /s. La même requête a été adressée au gouvernement il y a quelques mois par la Fondation Rivières et l’ex-député de Saint-Hyacinthe, Émilien Pelletier.Dans son rapport, le juge Doyon affirme que la loi a été contournée dans le dossier de la centrale T.-D.-Bouchard et que ce projet n’aurait jamais dû échapper à des audiences publiques du BAPE.

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