1 décembre 2011
Malgré une année difficile au plan psychologique
Nicola Riopel persiste dans l’adversité
Par: Maxime Desroches
Nicola Riopel a déjà remporté huit victoires en seulement neuf départs avec les Road Warriors de Greenville, dans le ECHL.

Nicola Riopel a déjà remporté huit victoires en seulement neuf départs avec les Road Warriors de Greenville, dans le ECHL.

À 22 ans, Nicola Riopel demeure convaincu que les meilleurs moments de sa carrière de gardien de but sont encore devant lui. En entretien avec LE COURRIER, le hockeyeur de Saint-Pie a dressé le bilan d’une période estivale somme toute difficile au point de vue psychologique, lui qui en est à sa deuxième saison dans le circuit ECHL.

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L’ancien Gaulois l’affirme sans détour : même si l’attente fait partie de la réalité de tout joueur sans contrat, la déception de ne pouvoir prendre part à un camp d’entraînement de la LNH ou de la LAH à l’automne fut vive. Les Flyers de Philadelphie, qui en avaient fait leur choix de cinquième tour au repêchage de 2009, ont mis un terme à leur association en ne lui soumettant pas une nouvelle offre contractuelle.

Collaborant avec un nouvel agent en Allan Walsh, qui travaille également pour les gardiens Ryan Miller et Jaroslav Halak, Riopel a attendu en vain l’appel d’une autre organisation. Toujours à la recherche d’une niche, il a pris part au camp d’évaluation des Bulldogs d’Hamilton, l’équipe-école du Canadien, à Brossard, sachant pertinemment que le Tricolore compte déjà cinq gardiens dans ses rangs.« J’y suis allé en connaissance de cause. Les places étaient limitées à ma position, alors je me suis présenté à ce camp dans l’optique d’y travailler fort, de quitter la patinoire le dernier et de fournir l’effort supplémentaire lors des entraînements hors glace. J’ai beaucoup appris en parlant avec l’entraîneur-chef Clément Jodoin. Au fond, je voulais en absorber le plus possible, comme une éponge », raconte-t-il. Le téléphone a finalement sonné en octobre, peu après le début du calendrier de la ECHL. Riopel a retrouvé le poste de partant avec les Road Warriors de Greenville, avec qui il avait bien fait la saison dernière, obtenant le plus grand nombre de victoires parmi les gardiens recrues du circuit.Déterminé à faire tourner des têtes, le récipiendaire du titre de joueur par excellence de la LHJMQ en 2009 présente une fiche reluisante de huit victoires en neuf départs. Il a conservé jusqu’à présent une moyenne de buts alloués de 2,66 et un pourcentage d’efficacité de 91,8 %. Ses efforts lui ont d’ailleurs valu le titre de gardien de la semaine pour la période du 7 au 13 novembre. « Tant dans ma carrière junior que professionnelle, j’ai toujours dû bûcher pour faire ma place. Je me dis qu’à la longue, les équipes vont remarquer que je réponds toujours bien aux challenges. Un jour, je vais être récompensé d’y avoir cru pendant tout ce temps », clame-t-il.

L’attrait de l’Europe

Sans nécessairement souhaiter de malchance à personne, Riopel croit qu’il ne s’agit que d’une blessure, que ce soit dans la LNH ou dans la LAH, pour qu’une organisation fasse appel à ses services.

« C’est bien connu, quand un gardien se blesse, tout le monde grimpe d’un rang dans la hiérarchie. Ça peut ouvrir des portes, comme ç’a été le cas pour mon coéquipier Dov Grumet-Morris la saison passée. Je me dis que mon tour pourrait arriver plus tôt qu’on le pense. De toute façon, c’est une loi non écrite qu’un gardien qui dispute trois saisons ou plus dans une ligue devient catalogué. Je ne veux surtout pas être étiquetté « gardien de la ECHL ». »À cet égard, Riopel se dit prêt à se tourner vers les ligues professionnelles européennes s’il a l’impression que son statut en Amérique du Nord ne lui permet pas de progresser à sa pleine mesure.« C’est l’une des options que je devrai étudier tôt ou tard. Si j’ai l’impression de stagner ici, c’est certain que l’Europe sera une alternative intéressante. Il y a plusieurs exemples de gardiens qui se sont fait valoir auprès des dirigeants de la LNH en gardant les buts dans l’une ou l’autre des ligues européennes. »Se disant prêt à affronter une fois de plus l’adversité, le jeune Saint-Pien souligne qu’à sa position, les hockeyeurs prennent généralement plus de temps à s’établir pour de bon.« Je crois sincèrement que les 10 meilleures années de la carrière d’un gardien arrivent entre 25 et 35 ans. Tu prends confiance, ta compréhension du jeu et de ses subtilités s’améliore. Même si mon parcours est peut-être plus long que je ne l’aurais imaginé, je n’ai aucune raison de m’inquiéter. »

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