31 décembre 2013
Noël en Nouvelle-France
Par: Le Courrier
Se voulant une interprétation du Jesous Ahatonnia du père Jean de Brébeuf, cette crèche est constituée d'une maison longue iroquoienne recouverte d'écorces. Vu l'importance des points cardinaux dans la culture amérindienne, quatre tribus provenant de direction différente ont été choisies pour personnifier les bergers et les Mages. Ainsi, des chasseurs Montagnais vivant au nord du fleuve Saint-Laurent représentent les bergers, tandis que trois chefs de la tribu des Ottawas (lac Huron), des Iroquo

Se voulant une interprétation du Jesous Ahatonnia du père Jean de Brébeuf, cette crèche est constituée d'une maison longue iroquoienne recouverte d'écorces. Vu l'importance des points cardinaux dans la culture amérindienne, quatre tribus provenant de direction différente ont été choisies pour personnifier les bergers et les Mages. Ainsi, des chasseurs Montagnais vivant au nord du fleuve Saint-Laurent représentent les bergers, tandis que trois chefs de la tribu des Ottawas (lac Huron), des Iroquo

Les Francophones

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La plus ancienne mention de la célébration de la fête de Noël chez les Amérindiens remonte à 1641. Le missionnaire jésuite Jean de Brébeuf, qui vivait chez les Hurons de la baie Georgienne depuis 1626, a composé, dans leur langue, un cantique de Noël racontant la naissance de l’Enfant Jésus.

Le Jesous Ahatonnia (Jésus est né) de Jean de Brébeuf constitue le premier cantique de Noël canadien. Recueilli par le père Étienne-Thomas de Villeneuve, en poste à la mission de Lorette (1747-1794), il a été traduit en français par Paul Tsaouenhohi (Paul Picard), notaire. Désirant leur faire comprendre le sens réel du grand mystère de la Nativité, le père Brébeuf adapta son récit, écrit en vers, aux particularités de la culture amérindienne. Ainsi, l’Enfant Jésus était emmailloté dans des peaux de lièvre plutôt que dans des langes de lin, il reposait dans une cabane d’écorce et non dans une mangeoire; des chasseurs remplacèrent les bergers et, enfin, trois chefs indiens furent substitués aux rois Mages qui, à la place de l’or, de l’encens et de la myrrhe, offrirent des pelleteries au divin Enfant. Même si le père Brébeuf a péri lors du massacre des Hurons par les Iroquois en 1649, son Noël lui a survécu. Les survivants de la Huronie, venus s’installer à Lorette près de Québec, transmirent ce cantique à leurs descendants qui, un siècle plus tard, le chantaient encore. Aujourd’hui, les Hurons, comme bien d’autres nations amérindiennes, continuent de célébrer la fête de la Nativité au même titre que celle de sainte Anne (26 juillet), la grand-mère de Jésus, qu’ils vénèrent comme leur patronne.

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Dès les débuts de la Nouvelle-France, la fête de Noël faisait l’objet d’une célébration essentiellement religieuse. Ainsi, en 1645, des colons français se réunissaient dans la petite église de Québec pour assister à la messe de Minuit.

Les jésus de cire

La tradition des jésus de cire fut amenée au pays par une religieuse ursuline, soeur Sainte-Claire, originaire de France. C’est à la demande du père Lallemant qu’elle aurait fabriqué, pour les Amérindiens, le premier jésus de cire canadien.

Les ursulines gardaient tout le matériel nécessaire à leur fabrication : cire d’abeille, moules en plâtre de différents formats, yeux de verre, cheveux naturels d’enfants et de religieuses, petites robes de coton et de lin, finement brodées à la main. L’histoire nous apprend que « dès 1640, les religieuses ursulines de Québec fabriquèrent une première crèche avec son jésus de cire ». Compte tenu de la difficulté, à cette époque, d’importer de la mère patrie les personnages de la crèche, les religieuses entreprirent de confectionner elles-mêmes, à la main, des figurines de différentes tailles, à partir de cire d’abeille coulée dans des moules de plâtre. Produisant tous les personnages de la crèche, y compris les jésus de cire, mais aussi les anges et, parfois, les animaux, elles conservèrent jalousement le secret de leur fabrication. D’autres congrégations religieuses ont également produit des jésus de cire, telles les Augustines, les soeurs de la Charité, celles de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours et les Adoratrices du Précieux-Sang, pour ne nommer que celles-là. Au Canada, les premières crèches d’église représentant la Nativité avec ses personnages existent depuis les débuts de la colonie. Ce sont manifestement les communautés religieuses, originaires de France, qui implantèrent cette tradition chez nous.

La crèche familiale

Le goût des crèches est attesté en France dès le XVII e siècle. Dans les maisons aristocratiques et bourgeoises, on voit apparaître des préfigurations de la crèche domestique, sous la forme de boîtes vitrées décorées, appelées grottes ou rocailles.

Au Québec, la crèche de Noël faisait déjà partie de nos traditions religieuses au début de la Nouvelle-France. Toutefois, c’est seulement à partir de 1875 qu’elle commença à pénétrer dans les maisons et à s’intégrer aux usages familiaux. Avant même qu’on prit l’habitude de dresser un sapin de Noël, la crèche occupait déjà une place de choix dans les intérieurs domestiques.

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