12 janvier 2017
À tous les citoyens-patrons maskoutains
Non à une hausse du tarif résidentiel d’électricité!
Par: Le Courrier

Voici pourquoi. Aux dernières nouvelles, Algonquin Power reçoit 8,83¢ le kWh en vendant l’électricité qu’elle produit à partir de notre barrage Penman’s. L’électricité produite est supplémentaire. Entendre inutile à moins qu’on la vende à l’extérieur du Québec. Nous, nous n’en avons pas besoin. La non-pertinence des petites centrales sur nos fragiles rivières a été amplement démontrée dans les médias. Ce qui n’empêche pas Algonquin Power de faire de sérieux bénéfices chaque mois comme nous pouvons le constater dans ses rapports à son bailleur : la Ville de Saint-Hyacinthe.

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En surplus au Québec, il faut donc bien vendre cette électricité ailleurs. Or, Hydro-Québec ne parvient pas à vendre son électricité à l’étranger à plus de 4,17¢ le kWh. Fondation rivières a produit un estimé des pertes à environ 700 000 $ pour la seule année 2016. Pertes pour Hydro-Québec. Pertes pour notre Ville. Rappelons que la compagnie exploite notre barrage depuis 1997, année où elle l’a obtenu de la compagnie maskoutaine Hydraska.

Il y a plus. La Ville de Saint-Hyacinthe n’a obtenu aucune redevance depuis le début de l’exploitation. Selon l‘entente initiale, elle aurait dû percevoir un 3 % sur les profits de la compagnie ontarienne. Mais rien jusqu’en 2014, année où on a renouvelé le bail pour Algonquin pour 20 ans!

Pire : comme la rivière Yamaska a un faible débit, turbiner l’été est très dangereux comme nous l’avons vu le 28 juin dernier. Le débit lors de la catastrophe des poissons morts était déjà très bas (3,5m3/sec). Le Centre d’expertise hydrique du Québec (CEHQ) a pourtant enregistré deux baisses brutales de débit ce jour-là, ce qui indique deux activités de turbinages indubitables. Avec les résultats pitoyables que l’on connaît. 

Trois jours plus tard entraient en fonction une entente renouvelée à tous les deux ans où la Ville de Saint-Hyacinthe demande qu’on diminue les activités de turbinage du 1er juillet au 15 septembre, mois où l’étiage est le plus faible. Tenez-vous bien : jusqu’en 2014, la Ville compensait à 100 % les pertes de la compagnie ontarienne pendant cette période, qui turbine moins, mais qui turbine quand même! Donc, non seulement on ne reçoit pas de redevances, mais on compense la pauvre compagnie nous exploitant de plusieurs milliers de dollars! 

L’entente la plus récente soit, de 2014 à 2016, n’acceptait de couvrir les pertes qu’à 50 %, ce qui représente assurément une grande amélioration. Nettement insuffisante pourtant.

Depuis septembre 2016, la Ville attend qu’Algonquin Power renouvelle l’entente. Elle se propose de forcer le respect du faible débit d’eau pendant la période estivale et SANS compensation du tout. Il était temps. Mais pourquoi attend-elle? Avouez qu’après tant d’affronts à notre dignité, on aurait envie de sommer la compagnie à s’asseoir et à signer! Elle attend parce qu’Hydro-Québec est elle-même en négociations pour abaisser les tarifs qu’elle concède à Algonquin Power (et à bien d’autres petites centrales inutiles : Algonquin Power, à elle seule en exploite 12 autres au Québec qui lui, en compte 102!) HQ a bien réussi à abaisser à 5,3¢ le kWh certaines petites centrales, mais aucune nouvelle depuis presque un an. Ce ne devrait pas être un secret que de chercher à faire justice. Il y a en tout cas un manque de transparence certain puisque nous demandons des comptes depuis six mois à Hydro-Québec, sans résultat.

Redditions de compte exigées

Donc, on a payé longtemps une compagnie ontarienne pour faire de l’électricité. Mettons que nous lui sommes reconnaissants d’avoir entretenu le barrage depuis sa réparation, il y a 23 ans. Pourrons-nous reconnaître que le coût d’entretien de l’infrastructure est payé et repayé depuis longtemps? Comme nous sommes propriétaires de ce barrage qui appartient à notre Ville, nous avons donc notre mot à dire.

Ce n’est pourtant pas le seul mot que nous ayons à dire. Parce que rappelons-nous qu’Hydro-Québec est une société d’État. Fruit de la nationalisation des années 60. Et bien qu’on fasse tout pour nous le faire oublier, l’état, c’est nous. Donc, nous sommes les patrons d’Hydro-Québec. Contribuables, consommateurs et citoyens-patrons!

En tant que citoyens-patrons, nous avons le droit et même le devoir d’exiger une saine gestion d’un bien commun, en toute justice et en toute transparence, non?

Alors, pourquoi accepterions-nous une augmentation des tarifs résidentiels tels que proposés par Hydro-Québec pour le printemps, alors qu’elle perd de l’argent derrière notre dos depuis des années?

Au moins, nous, Maskoutains, réveillons-nous! Donnons l’exemple au reste du Québec s’il le faut, par un exercice de démocratie directe. 

Nous refusons une augmentation des tarifs résidentiels parce qu’ils résultent d’une mauvaise gestion.

Nous refusons une augmentation parce qu’Hydro-Québec pénalise ses citoyens-patrons, nous, alors qu’elle devrait mieux gérer ses fournisseurs venus d’ailleurs.

J’invite donc tous les organismes communautaires, participatifs, coopératifs non partisans, tous les Maskoutains y compris ceux siégeant au Conseil municipal et tous nos médias locaux à manifester leur volonté d’obtenir une reddition de compte d’Hydro-Québec adressée à tous leurs vrais patrons. Même les partisans politiques peuvent nous appuyer en tant que citoyens-patrons! Refusons toute augmentation du taux résidentiel d’ici à ce que nous obtenions cet état de comptes. Et pas dans un an ou plus. Tout de suite. Nous savons être efficaces et courageux, non?

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