2 mai 2013
Changements à l’aide sociale
Non aux coupures, oui à la bonification
Par: Le Courrier

Selon l’ACEF Montérégie-est, la bonification des mesures d’employabilité demeure la meilleure solution pour permettre aux personnes assistées sociales à sortir de leur état de pauvreté.

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« Au lieu de réduire les prestations d’aide sociale comme elle veut le faire, la ministre Agnès Maltais aurait tout avantage à bonifier les mesures d’employabilité actuelles et à faciliter davantage le retour à l’emploi, signale le coordonnateur de l’organisme de défense des droits des consommateurs, Roger Lafrance. Ce serait certainement un message plus positif que celui de couper les prestations. »

Le gouvernement du Québec entend réduire les prestations de 129 $ pour les familles ayant un enfant de 5 ans et moins, les personnes âgées qui atteignent 55 ans et les toxicomanes qui suivent une thérapie. Pour inciter les prestataires à retourner aux études ou à suivre une mesure d’employabilité, une nouvelle allocation temporaire de 195 $ par mois est mise en place. Dans un mémoire qu’elle vient de transmettre à la ministre, l’ACEF Montérégie-est s’indigne de la volonté gouvernementale de s’attaquer aux personnes les plus pauvres de la société pour atteindre le déficit zéro, au lieu d’interpeller les mieux nantis et les entreprises. Rappelons qu’une personne assistée sociale vit avec 604 $ par mois (sans contrainte) ou 733 $ (avec contraintes temporaires), ce qui est nettement insuffisant pour combler ses besoins de base. Toute la stratégie de la ministre Maltais repose sur le fait que les assistés sociaux âgés de 55 ans et plus sont plus nombreux qu’ailleurs au pays et que le Québec aura de nombreux postes à combler au cours des prochaines années. Selon l’ACEF, il est illusoire de penser que des gens qui ont passé de nombreuses années à l’aide sociale peuvent aisément se trouver du travail. « Nous connaissons plusieurs personnes assistées sociales qui veulent se sortir de l’aide sociale, mais qui sont incapables d’occuper un travail à temps plein, après toutes ces années passées dans un état de pauvreté extrême », soutient M. Lafrance. C’est pourquoi l’organisme propose de rendre plus intéressantes les mesures d’employabilité actuelles, le retour aux études ou sur le marché du travail. En ce sens, l’ACEF propose à la ministre de permettre aux prestataires de conserver une plus grande partie de leur gain d’emploi. Actuellement, un prestataire qui vit seul peut gagner jusqu’à 200 $ par mois. Tout montant additionnel est alors coupé à 100 % de sa prestation. L’ACEF propose aussi un rehaussement des critères sur les avoirs liquides au moment de faire la demande, des mesures pour encourager le travail progressif et la fin de la discrimination envers les personnes avec ou sans contraintes temporaires. « Ce n’est pas en réduisant les prestations qu’on va inciter les gens à quitter l’aide sociale, rappelle M. Lafrance. Des mesures qui permettraient de bonifier davantage le retour aux études ou de faciliter le retour au travail seraient beaucoup plus bénéfiques à notre avis. Oui, cela peut coûter un peu plus cher au départ, mais ce serait vite compensé par la réduction du nombre d’assistés sociaux. »

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