29 novembre 2012
Matières dangereuses
Nos pompiers prêts à toute éventualité
Par: Maxime Prévost Durand

Le drame survenu le 8 novembre dans le parc industriel de Sherbrooke où l’explosion à l’usine Neptune Technologies a fait trois morts et 18 blessés a eu des échos jusqu’à Saint-Hyacinthe puisque ces deux villes partagent une même trame industrielle autour des biotechnologies et de la transformation alimentaire.

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Les Maskoutains seront sans doute rassurés d’apprendre que les pompiers du Servie des incendies de la Ville de Saint-Hyacinthe ne seraient pas pris au dépourvu si une tragédie de cette ampleur devait survenir chez nous. « Nous ne sommes jamais à l’abri d’une catastrophe comme celle de Sherbrooke, mais on est prêts à limiter les dégâts », assure le directeur Daniel Dubois.

Le plan d’urgence est rodé et les pompiers savent comment négocier avec toutes les matières dangereuses, incluant l’acétone, un solvant organique mis en cause à Sherbrooke. « Nos protocoles sont établis et on sait comment intervenir avec tous les produits, dont l’acétone. Nous sommes préparés en conséquence. »Advenant une telle catastrophe dans la région, le centre hospitalier Honoré-Mercier ne recevrait pas tous les blessés si le bilan devait être aussi lourd qu’à Sherbrooke.« Ils n’ont pas les infrastructures ni les ressources pour traiter tous les cas lourds. Les personnes blessées et stabilisées seraient transférées dans d’autres hôpitaux plus près de Montréal. On le sait déjà et chacun connaît son rôle parfaitement. »La matière dangereuse que l’on retrouverait en plus grande quantité à Saint-Hyacinthe, dû au secteur de l’alimentation et des systèmes réfrigérés nécessaire à la bonne marche des opérations, serait l’ammoniac, estime le chef Dubois. « À l’usine Saputo par exemple, on retrouve de l’ammoniac en quantité incroyable! »Les pompiers de Saint-Hyacinthe tiennent à jour un registre des différentes usines du territoire, avec les produits utilisés et stockés, un plan de l’immeuble indiquant où se trouvent ces produits, les conduites, ainsi que les entrées et sorties.

On se prépare au pire

« Une catégorie, d’un à quatre (quatre étant le plus élevé), est attribuée à chaque bâtiment de la ville, explique M. Dubois. Toutes les usines sont de catégorie 4. Dès qu’on reçoit un appel pour ces endroits, un plan s’imprime. »

Cette façon de faire permet d’assurer la sécurité des pompiers appelés à intervenir et de repérer rapidement les dangers potentiels et les maîtriser.Les interventions les plus fréquentes concernent des travaux d’excavation où des conduites de gaz naturel ont été endommagées.Lorsque l’équipe Haz Mat, spécialisée en intervention pour les matières dangereuses, est appelée, les intervenants prennent le temps d’enfiler une combinaison appropriée afin de procéder de manière sécuritaire. « S’il y a déjà 12 victimes à l’intérieur, on ne veut pas aller trop vite et devenir les 13e et 14e victimes. On obtient généralement la confirmation du ou des produit(s) en cause après 20 minutes. » Le travail est d’autant plus difficile lorsque des gaz sont en cause. « On a des détecteurs qui nous indiquent quel gaz se trouve dans l’air et en quelle quantité, mais on ne peut le voir évidemment. C’est beaucoup plus complexe comme intervention. »Différents habits sont disponibles selon l’intervention, soit l’habit A, complètement étanche, sans entrée d’air et principalement utilisé lorsque des gaz sont impliqués, ou l’habit B servant aux interventions sur des produits liquides. La Ville de Saint-Hyacinthe doit bientôt présenter son plan de mise en oeuvre du schéma de couverture de risque qui inclura diverses situations d’urgence.

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