9 mai 2013
Nos routes ne sont pas des pistes de course
Par: Le Courrier
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Avec l’alcool, la vitesse reste toujours malheureusement une des principales causes d’accidents graves. L’automobile qui est sans contredit une des meilleures inventions de l’histoire de l’humanité, devient un danger public, lorsqu’elle circule à toute vitesse sur nos routes entre les mains d’écervelés (malheureusement souvent très jeunes) en quête d’émotions fortes.

Les points de démérite, fortes amendes, saisie de véhicule et perte de permis entre autres mesures contraignantes ne réussissent qu’en partie à contrer le fléau. Il existe pourtant une mesure toute simple (peut-être trop simple), une mesure qui a déjà fait ses preuves dans le monde du transport, soit : « Le limiteur de vitesse ». À 90 kilomètres heure, pour les cinq premières années, rien n’empêcherait l’étudiant de se rendre au cégep ou à l’université, d’emmener sa petite amie en balade ou de se rendre à son emploi à temps partiel. Durant cette période, un gros 90 devrait être obligatoirement placé bien en évidence sur le véhicule concerné. Plusieurs compagnies de transport, pour des raisons d’économies de carburant et en primes d’assurances, adoptent la limitation de vitesse à 90 kilomètres heure (la loi leur autorise 105), ce qui ne les empêche nullement de parcourir de très longues distances dans des temps plus que raisonnables. Sur nos routes, la vitesse maximale permise est de 100 kilomètres à l’heure. Généralement, nos agents de la paix, toléreront des excès ne dépassant pas 20 kilomètres heure au-dessus de la limite permise. Donc, logiquement personne (sauf les véhicules d’urgence) n’a besoin d’un véhicule ayant la capacité de rouler à plus de 120 kilomètres heure. Pourquoi, la loi permet-elle de mettre en marché des autos et des motos ayant la capacité de rouler largement à plus de 200 kilomètres à l’heure? En fait, tous les véhicules (sauf véhicules d’urgence) devraient obligatoirement être munis d’un limiteur de vitesse. Maximum 90 pour les débutants et maximum 120 par la suite. De fortes amendes (voire saisie du véhicule) devraient être imposées aux contrevenants. Avant la mise en place de la loi sur l’obligation de munir tous les véhicules de pneus d’hiver (une mesure tout à fait nécessaire), les incidents causés par des pneus inadéquats n’avaient pourtant aucune commune mesure avec les tragédies causées par la vitesse excessive. Donc, le limiteur de vitesse sauverait certainement beaucoup de vies, mais serait désavantageux pour les industries de l’automobile et du pétrole. En comparaison, la loi sur l’obligation de l’installation des pneus d’hiver avantage évidemment l’industrie du pneu. Les raisons économiques prendraient-elles encore une fois le dessus sur la sécurité de la population? L’imposition du limiteur de vitesse serait probablement une mesure impopulaire, puisqu’elle viendrait bouleverser un mythe très solidement implanté depuis des années. Le mythe du « Gars de Char ». Un peu comme le « Cow Boy » celui-ci vient d’une époque révolue. Comme le « Cow Boy » d’aujourd’hui qui embarque ses chevaux dans une remorque pour les conduire au rodéo, le « Gars de Char » devrait également embarquer son « Animal » sur une remorque afin d’aller exercer sa passion sur des circuits sécuritaires. La piste de Sanair en est un bon exemple. Il existe aussi une grande variété de sports extrêmes moins onéreux, qui devraient satisfaire les amateurs d’émotions fortes et qui ont l’avantage de ne mettre en danger que leur propre sécurité, sans mettre la vie de la population en péril.

Yvan Bergeron

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