12 septembre 2013
Nos valeurs
Par: Pierre Bornais

Les dés en sont jetés, ce sera le sujet de l’heure au cours de l’automne; en espérant qu’il ne devienne pas la boîte de Pandore que certains prédisent.

Vouloir identifier les valeurs fondamentales de notre société est un exercice valable en lui-même, compte tenu des innombrables dérives qui font les manchettes régulièrement. Mais la démarche est semée d’embûches qui pourraient dans les faits, être une source de profondes divisions dans la société québécoise. En commençant par la motivation réelle derrière l’exercice – politique ou laïcité mur à mur – jusqu’à l’éradication d’une certaine image du Québec, en passant par le rejet de l’Histoire. Comme s’il était possible de renaître collectivement dans une autre dimension du vivre ensemble, faisant table rase de centaines d’années d’évolution collective. Ce serait renier le terroir qui a formé et nourri toute la société québécoise. Pas question toutefois de tout accepter ou rejeter en bloc; mais bien plutôt de faire la part des choses entre les valeurs sûres et l’aléatoire et le superflu. D’autant plus que certaines de ces dernières – sinon la plupart – font partie du patrimoine humain et qu’on ne voit pas comment il serait possible d’en établir des spécifiques au Québec. Aujourd’hui, il y a un effet de mode voulant qu’il est de bon ton de se déclarer « athée patenté » et de vouloir dans la foulée faire table rase de toute référence à Dieu ou à la religion. Et cette attitude donne naissance à un prosélytisme tout aussi virulent sinon plus que certains extrémismes religieux; et tout aussi indésirable. Comme si cette « découverte » leur donnait un pouvoir absolu de limiter les droits et la liberté de tous ceux et celles qui ne partagent pas leur position. Ce qui devrait nous inciter à faire preuve d’une prudence accrue dans un débat aussi délicat.

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