15 novembre 2012
Notre maire
Par: Martin Bourassa

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Saint-Hyacinthe a le même maire depuis 20 ans. C’est en novembre 1992 que Claude Bernier a été élu la toute première fois. Il a été réélu cinq fois depuis ce temps, dont deux fois pas acclamation. Ce n’est pas rien.

Je ne sais pas s’il a célébré d’une façon particulière ce long règne continu, mais il aurait dû. C’est une étape significative.On a beau lui trouver bien des défauts à notre maire, il faut aussi reconnaître ses mérites. On n’occupe pas un poste comme le sien pendant aussi longtemps par hasard.Claude Bernier aime sa ville, autant qu’il aime être maire. C’est l’évidence même. On ne peut certes pas lui reprocher d’avoir été avare de son temps depuis 20 ans.C’est un maire omniprésent, actif et impliqué. Parfois trop à mon goût. Même contrôlant et ratoureux, disent aussi de lui des gens qui l’ont côtoyé de près ou qui s’y sont frottés ces dernières années.Un maire qui a appris son métier sur le tas et qui a longtemps excellé dans l’art du compromis et du consensus, au point d’en faire son style de gestion.On est loin du one man show à la Régis Labeaume avec Claude Bernier. On a davantage affaire à un animateur d’assemblée qui gère les interventions, accorde les droits de parole, assure le respect du décorum et de l’ordre du jour.C’est un leadership silencieux, discret, voire de plénière.Sauf que ce leadership de consensus, qui est devenu un peu sa marque de commerce, fonctionne beaucoup moins bien depuis deux ou trois ans. On sent qu’il n’a plus tout à fait le même ascendant sur son conseil que durant ses belles années au pouvoir.Il a perdu un peu de sa poigne, de son emprise.Au point où on lui reproche ces années-ci un manque de vision et de leadership. C’est quand même assez ironique quand on sait qu’il s’est fait élire il y a 20 ans en affirmant que « le problème de la Ville, c’est son manque de leadership ».Ce style lui a quand même assez bien réussi puisqu’en évitant de se mouiller personnellement et en laissant le conseil débattre des grands enjeux à sa place, il a rarement déplu. Et quand les critiques se sont fait entendre, il les a toujours encaissées sans broncher. Il a plié un peu, mais sans jamais casser. Je suis bien placé pour le savoir. Et quand Claude Bernier fait aujourd’hui le bilan de ses réalisations, il parle au « on ». On a fait de bonnes choses et on a aussi fait des erreurs, m’a-t-il confié récemment. Le « on » signifiait tous les conseils qui se sont succédé depuis 1992.Au chapitre des bons coups, tous sont unanimes à lui reconnaître sa gestion serrée des finances publiques et l’élimination de la dette de l’ancienne Ville.Pensons aussi à la fusion réussie et harmonieuse des municipalités qui a donné naissance à la nouvelle grande Ville de Saint-Hyacinthe.C’est un bilan enviable et respectable. Claude Bernier peut être fier de ça.En terme de dévouement et d’engagement envers sa ville et les Maskoutains, celui ou celle qui voudra lui succéder aura fort à faire. Il a mis la barre très haute.

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