21 janvier 2016
Notre pays, c’est l’hiver
Par: Martin Bourassa

La neige et le temps « frette » ont fini par nous rattraper, c’était inévitable. Et la question du déneigement des rues a fini par rebondir au conseil municipal de Saint-Hyacinthe, lundi soir. Ça aussi, c’était inévitable.

C’est le conseiller du district La Providence, Bernard Barré, qui en a parlé lors de la période réservée aux interventions des élus. Il a fait écho à une lettre ouverte publiée la semaine dernière dans LE COURRIER, écrite par une résidente de son quartier. Elle critiquait poliment le déneigement des rues. Tout en se ­disant en accord avec les préoccupations écologiques de la Ville, la dame réclamait que les questions de sécurité priment les questions environnementales.

Le conseiller Barré était du même avis. Difficile de ne pas l’être.

Il faut savoir que pour un deuxième ­hiver, la Ville de Saint-Hyacinthe expérimente une politique de quartiers blancs et limite l’emploi d’abrasifs dans les rues résidentielles. Même si le bilan de l’an un a été somme tout correct si l’on se fie aux témoignages des policiers et des ­carrossiers, l’application de cette ­politique avait pourtant donné de sérieux maux de tête aux employés des Travaux publics.

À quelques reprises, la Ville avait dû dépêcher des équipes dans les rues pour répondre aux caprices de Dame nature. Bref, l’application de cette politique commande jugement et gros bon sens. Mais comme la météo est changeante et imprévisible, les dérapages au sens propre et figuré sont inévitables. On l’a vu encore cette année, même si la situation, dans son ensemble, semble moins ­problématique jusqu’ici.

Comme je l’écrivais en décembre 2014, il y a des dépenses qu’il faut voir comme des investissements quand on vit en communauté. Épandre du sel sur des rues glacées en est un. Tout est dans le dosage. Passer à l’épandage massif à l’épandage zéro en l’espace d’un an était à mon avis un pari aussi risqué qu’insensé. Je le pense encore.

De la neige des rues à la neige des cours d’école, il n’y a qu’un pas. Comme plusieurs, j’ai été surpris d’apprendre que la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) avait décidé de couper dans le déneigement des cours d’école cet hiver.

Voilà un autre pari risqué me suis-je dit et la preuve que la CSSH en est vraiment réduite à couper n’importe où. On parle ici d’une économie de 22 000 $ sur un budget total d’environ 160 M$ annuellement. Des pinottes quoi.

C’est pourtant le genre d’économie qui pourrait se retourner contre elle assez rapidement. Il suffit d’un incident ou d’une mauvaise chute pour que cette ­décision donne des arguments solides à un plaignant, dans un éventuel recours.

La CSSH doit estimer que le risque en vaut la chandelle et qu’il n’y a pas de ­petites économies à faire quand il est question d’éviter de couper dans les ­services directs aux élèves. Si on suit ce raisonnement, peut-être devrait-on ­arrêter tout simplement de couper le ­gazon des écoles l’été prochain, quand gazon il y a bien entendu.

Effectivement, c’est un peu ridicule comme proposition, mais il faut croire que nous en sommes rendus là. Tant que le ridicule ne tue pas, on est corrects.

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