28 janvier 2016
Nous les « chialeux »!
Par: Pierre Bornais

Pour ne pas dire les « quêteux », vivant au crochet de la péréquation, nous n’aurions même pas la reconnaissance du ventre face à nos généreux bienfaiteurs de l’Ouest canadien.

Parce que nous n’accueillons pas à bras ouverts le projet de pipeline qui ­traverserait tout le Québec et favoriserait l’exportation du pétrole ­bitumineux.

La raison de toute cette colère teintée de mépris est pourtant simple : plus de 80 municipalités de la région de Montréal ont dit « non » à ce beau ­projet. D’abord et avant tout parce que ce dernier ne rencontre pas l’acceptation sociale requise pour aller de l’avant.

Il n’y avait rien de surprenant dans cette décision qui s’inscrit dans le ­courant des discussions menées depuis longtemps, surtout dans la foulée de la tragédie de Lac Mégantic.

Le « jovialisme » des promoteurs n’a pas réussi à vaincre les réticences. Et le plus récent rapport de la Commissaire fédérale à l’Environnement, publié il y a quelques jours à peine, ne contient rien qui puisse rassurer la population.

De nombreuses lacunes sur la gestion des pipelines déjà en opération sont ­relevées et le fardeau de la preuve ­devrait se trouver du côté des ­compagnies qui les opèrent. Les raisons économiques ne sont pas les seules en jeu. La protection de l’environnement et des populations est tout aussi sinon plus importante; et il est impératif qu’elle occupe le premier rang au cours des discussions.

La pression sera mise sur le premier ministre Trudeau pour qu’il exerce son pouvoir d’arbitrage dans un dossier pancanadien. Il ne s’agit pas ici de ­choisir entre l’Ouest et le Québec, mais bien de concilier des intérêts divergents en respectant les uns et les autres. Tout un défi!

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