25 février 2016
Infrastructures supralocales
Nouveau partage réussi à Drummondville
Par: Benoit Lapierre
Nouveau partage réussi à Drummondville

Nouveau partage réussi à Drummondville

Alexandre Cusson, maire de Drummondville. Photo TC Media – Ghyslain Bergeron

Alexandre Cusson, maire de Drummondville. Photo TC Media – Ghyslain Bergeron

Dans le dossier des équipements­supralocaux, le chemin vers l’équité est un sentier sinueux que Drummondville a parcouru jusqu’au bout entre novembre 2014 et décembre 2015. Son expérience, couronnée de succès, pourrait bien ­inspirer la Ville de Saint-Hyacinthe, maintenant qu’elle s’est engagée sur la même voie.

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« L’ancienne entente datait de plusieurs années et n’avait jamais été revue. C’était un panier de crabes qui avait été mis de côté, volontairement, je dirais. Personne n’avait envie de rouvrir ça. Moi, je voulais qu’on le fasse, mais de manière professionnelle. Nous avons commencé par commander une étude indépendante à la firme Raymond ­Chabot Grant Thornton, qui avait fait le même travail à Shawinigan et Victoriaville », raconte le maire de ­Drummondville, Alexandre Cusson.

Dans la MRC Drummond, l’année 2016 marque donc l’an l d’une nouvelle ­entente sur les infrastructures ­supralocales, échelonnée sur quatre ans. Elle est basée sur une progression de la contribution des 13 municipalités signataires, sur 17. À partir de 2019, elles verseront ensemble 800 000 $ à Drummondville pour les infrastructures en sport, loisir et culture, ce qui comblera entièrement le déficit que supportait ­annuellement la ville-centre pour les ­utilisateurs provenant des autres ­municipalités de la MRC. D’ici là, leur contribution correspondra à 70 % du manque à gagner en 2016, 80 % en 2017 et 90 % en 2018.

Cette application progressive des ­nouveaux tarifs, c’était une suggestion de Drummondville, souligne le maire Cusson. « Nous voulions demeurer flexibles sur la période d’ajustement, ­surtout pour les municipalités les plus proches : on était prêt à étirer ça. Les gens de la MRC nous sont revenus avec une contre-proposition sur un calcul basé sur la distance, une méthode qui s’éloigne du concept d’utilisateur-payeur. »

Il a finalement été décidé que la ­tarification s’appliquerait à des blocs de municipalités, selon leur budget et la ­distance les séparant de Drummondville. À plein tarif, celles se trouvant dans un rayon de 10 km lui verseraient 4 % de leur budget, et les autres, 2 %. Le principe d’utilisateur-payeur allait s’appliquer aux municipalités non signataires : 450 $ par activité, au lieu de 15 $ à 110 $, selon les anciens tarifs.

L’étude avait démontré que les services aux non-résidents coûtaient 1 M$ par ­année à Drummondville, dont 200 000 $ pour les utilisateurs provenant des municipalités hors MRC. « C’est un million en services que les gens de Drummondville finançaient à même leurs taxes. Vous comprendrez que ça ne pouvait plus ­durer. La négociation s’est déroulée de façon harmonieuse, grâce à 17 municipalités qui ont abordé le dossier de façon posée. Nous, nous sommes demeurés fermes, mais respectueux aussi », a ­poursuivi Alexandre Cusson.

Il rejette d’emblée l’argument voulant que les gens qui se rendent à Drummondville pour profiter de ses ­infrastructures municipales fassent ­rouler son économie en même temps. « Quand les gens vont dépenser leur argent chez Wal-Mart, ça ne rapporte pas une ligne de taxe à la Ville », rétorque-t-il.

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