26 novembre 2015
Nutri-Cailles au bord de la faillite
Par: Jean-Luc Lorry
Nutri-Cailles au bord de la faillite

Nutri-Cailles au bord de la faillite

L’abattoir de Nutri-Cailles à Sainte-Hélène-de-Bagot. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’abattoir de Nutri-Cailles à Sainte-Hélène-de-Bagot. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le non-respect du règlement fédéral sur l’inspection des viandes contraint le propriétaire de l’entreprise Nutri-Cailles située à Sainte-Hélène-de-Bagot à ­suspendre ses opérations, a appris LE COURRIER.

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« Je suis au bord de la ruine. En raison d’une nouvelle norme HACCP (système de gestion pour garantir l’hygiène des ­aliments), je dois fermer mon usine et nourrir 100 000 cailles sans être capable de les vendre », déplore Eduardo Estrela, ­propriétaire de Nutri-Cailles.

Fondée en 2003, cette entreprise se ­spécialise dans l’abattage et la transformation de cailles et de poulets de ­Cornouailles.

Eduardo Estrela est propriétaire d’un ­abattoir à Sainte-Hélène-de-Bagot et d’une usine d’emballage et de transformation de volaille à Acton Vale.

Selon M. Estrela, cette fermeture qu’il espère temporaire a provoqué la mise à pied de 45 employés. Curieusement, ­l’édition 2014 de notre Guide des 200 plus grandes entreprises de la MRC des ­­Maskoutains indiquait que Nutri-Cailles ne comptait plus que quatre employés sur les 55 recensés en 2013.

« L’agrément a été suspendu parce que l’exploitant (Nutri-Cailles) n’a pas été en mesure d’élaborer, maintenir et appliquer son système HACCP tel qu’exigé au ­Règlement sur l’inspection des viandes, ­d’assurer la qualité de l’eau, d’effectuer une ventilation efficace et de contrôler la vermine », peut-on lire dans un communiqué publié à la mi-septembre par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Cette suspension n’est accompagnée ­d’aucun rappel d’aliments. Selon l’ACIA, l’établissement ne pourra ­reprendre ses activités avant d’avoir mis en oeuvre toutes les mesures correctives ­requises et qu’un inspecteur de l’Agence en soit satisfait.

Cette entreprise n’est pas la seule ­oeuvrant dans le secteur de l’abattage de cailles à ne pas être conforme. La Ferme de gibier El Rancho située à Saint-Edouard a aussi vu son agrément être suspendu. L’ACIA a écrit dans un communiqué ­diffusé début juin que cette entreprise ne répondait pas aux exigences du Règlement sur l’inspection des viandes notamment en ce qui concerne l’assainissement des équipements, le refroidissement, ­l’entreposage, la formation du personnel, la tenue des registres et l’hygiène générale.

Conflit avec l’assureur

Les ennuis de Nutri-Cailles ont commencé en mai 2009 lorsque l’usine de ­transformation d’Acton Vale a été la proie des flammes.

Selon le propriétaire, cet incendie était dû à un filage électrique défectueux reliant l’un des trois fours utilisés par l’entreprise.

Après expertise du sinistre, la compagnie Intact Assurance avait dédommagé­ ­l’entrepreneur. Jusqu’à ce jour, la ­compagnie a versé à ce dernier un montant de 937 000 $.

Selon la compagnie d’assurance, ­l’indemnité versée à l’assuré correspondait au dommage que le feu avait causé au ­bâtiment et à son contenu ainsi qu’aux frais supplémentaires engagés par le ­propriétaire à la suite de l’incendie.

Comme cette indemnité avait été jugée ­dérisoire par Eduardo Estrela, celui-ci avait déposé une poursuite de 8,1 M$ en Cour supérieure.

Dans un jugement rendu le 3 septembre 2014 et dont LE COURRIER a obtenu copie, la cour avait forcé Intact Assurance à lui ­remettre une somme supplémentaire de 10 000 $.

Deux jours plus tard, la compagnie d’asssurance avait adressé une lettre au Tribunal pour demander une rectification du jugement. Cette demande fût reçue positivement et a provoqué l’annulation du versement de 10 000 $ au propriétaire de Nutri-Cailles.

Insatisfait de cette décision, M. Estrela a décidé de porter son dossier devant la Cour d’appel du Québec.

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