11 août 2016
Usine de Saint-Hyacinthe
Olymel élabore un plan de relocalisation
Par: Jean-Luc Lorry
L’usine d’abattage et de découpe de poulet de Saint-Damase est l’un des établissements d’Olymel où les employés de l’usine de Saint-Hyacinthe pourront postuler sans perdre leur ancienneté et leurs avantages sociaux. Photothèque | Le Courrier ©

L’usine d’abattage et de découpe de poulet de Saint-Damase est l’un des établissements d’Olymel où les employés de l’usine de Saint-Hyacinthe pourront postuler sans perdre leur ancienneté et leurs avantages sociaux. Photothèque | Le Courrier ©

Les quelque 400 travailleurs de l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe touchés par l’arrêt des activités de désossage de fesses de porc seront rencontrés par un comité de reclassement début septembre en vue de garder dans l’entreprise les salariés qui perdront leur emploi d’ici un an.

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Un plan de relocalisation a été élaboré par Olymel pour permettre aux employés de postuler dans un établissement de l’entreprise située dans un rayon de 70 kilomètres de Saint-Hyacinthe (Drummondville, Sainte-Rosalie, Saint-Damase, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Bruno, Boucherville et Saint-Valérien).

« Olymel va mettre les bouchées doubles pour aider les employés à réintégrer l’entreprise. Ceux-ci pourront conserver leurs droits et leur ancienneté. Ils ne repartiront pas de zéro », indique Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel.

Vendredi dernier, lors de l’annonce aux employés du transfert du désossage vers les usines de Saint-Esprit, Yamachiche et Vallée-Jonction, la haute direction d’Olymel était représentée par son premier vice-président, Paul Beauchamp. Celui-ci s’était engagé, dans la mesure du possible, à transférer entre 300 et 350 employés sur une période de 13 mois dans les différentes usines d’Olymel.

Par contre, si un employé de l’usine de Saint-Hyacinthe souhaite postuler en dehors du périmètre fixé par l’entreprise, l’employeur négociera au cas par cas, a précisé M. Vigneault.

Ce n’est pas l’ouvrage qui manquera ces prochaines années chez Olymel puisque l’entreprise a annoncé dernièrement la création de 200 emplois à son usine d’abattage et de découpe de porcs de Saint-Esprit et de 350 emplois à l’usine Atrahan de Yamachiche. Grâce à des investissements totalisant plus de 100 M$, ces deux établissements deviendront des usines intégrées (abattage-découpe-désossage).

Lors de l’annonce mardi d’un investissement de 80 M$ à Yamachiche en partenariat avec le Groupe Robitaille, le président-directeur général d’Olymel, Réjean Nadeau, a mentionné au quotidien Le Devoir que les employés de Saint-Hyacinthe intéressés à travailler à l’usine Atrahan, même si elle est située à environ 90 minutes en voiture de Saint-Hyacinthe, seront considérés.

Invité à commenter l’abolition des emplois à Saint-Hyacinthe, M. Nadeau a répondu à l’hebdomadaire L’Écho de Maskinongé que « Bien que cette décision soit malheureuse, le résultat net demeure, malgré tout, la création (d’une dizaine) d’emplois ».

Le grand patron d’Olymel a pris en compte le gain réalisé avec la création de 350 emplois à Yamachiche moins la suppression des 340 emplois à Saint-Hyacinthe. Le résultat net semble toutefois négatif au final puisque l’entreprise a reconnu que c’est davantage 401 personnes qui se retrouveront sans travail à Saint-Hyacinthe.

Réjean Nadeau se dit optimiste que la main-d’oeuvre sera en demande ces prochains mois dans les usines qui font partie du plan de relocalisation.

« Il y a un certain roulement de personnel dans nos usines et il y aura également une augmentation de la charge de travail dans nos installations de Drummondville, Saint-Damase et Saint-Jean-Baptiste », a estimé Réjean Nadeau lors de son passage à Yamachiche.

À l’automne 2014, Olymel a investi plus de 10 M$ à son usine de transformation de volaille située dans le district Sainte-Rosalie. L’agrandissement de 15 000 pieds carrés et la modernisation des équipements ont permis la création d’une dizaine d’emplois.

En mai dernier, un second investissement de 10 M$ à l’usine d’abattage et de découpe de poulet de Saint-Damase aura pour effet la création d’une dizaine d’emplois.

Crainte syndicale

L’exécutif syndical croit peu aux chances de succès de l’employeur de réaffecter la quasi-totalité des emplois perdus de l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe.

« Nous ne croyons pas tellement au plan de relocalisation d’Olymel. Nous avons déjà eu des problèmes avec l’employeur. En 2005, nous avions fait des concessions représentant 20 % du salaire. La fin du désossage est une très mauvaise nouvelle et nous étudions nos recours », a mentionné en entrevue au COURRIER, le président du syndicat local, Sylvain Gagnon.

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