25 octobre 2012
Valérie Welsh et Annie Moniqui
Olympiennes et fières de l’être!
Par: Martin Bourassa
Valérie Welsh et Annie Moniqui

Valérie Welsh et Annie Moniqui

Maskoutaines d’adoption, les Olympiennes Valérie Welsh et Annie Moniqui nous ont fait passer par toute la gamme des émotions lors des Jeux de Londres l’été dernier. Elles nous ont fait vibrer, nous ont émus et presque fait rager!

Publicité
Activer le son

On a tous retenu notre souffle en suivant les exploits de la première au sein de l’équipe canadienne de nage synchronisée. Puis, on a tous forcé un grand coup avec la seconde pendant la compétition d’haltérophilie chez les moins de 58 kilos.

Pour Valérie, originaire de Saint-Nicholas dans la région de Québec et Annie, originaire de Godmanchester, en Montérégie, il s’agissait de la réalisation d’un rêve, de l’aboutissement de longues années d’entraînement ponctuées de grandes joies et déceptions, de sacrifices ou plutôt de compromis, comme le précise Valérie, certes la plus extravertie des deux, mais tout aussi explosive et dynamique que l’autre.Même si leur aventure olympique n’a pas été aussi fructueuse que souhaitée, avec une quatrième place pour l’équipe de Valérie, et une 16 e place pour Annie, elles n’ont pas perdu pour autant l’envie de se surpasser et de partager leur passion.Sauf qu’elles le font maintenant à leur manière. Valérie a mis un terme à sa carrière et accroché son maillot pour poursuivre à temps plein ses études de médecine vétérinaire à la Faculté maskoutaine. Elle s’est jointe cet automne au club de nage synchronisée Les Vestales où elle est devenue entraîneuse adjointe de l’équipe élite.« J’adore ce rôle, les filles sont tellement meilleures que nous au même âge! »Annie a pour sa part repris l’entraînement au Club La Machine Rouge où elle n’est pas avare de ses conseils auprès de la relève qui lui pousse déjà dans le dos. Elle garde en tête la possibilité de participer aux Jeux de Rio en 2016 si elle évite les blessures.Pour leur parcours inspirant, leur réussite exceptionnelle, pour l’exemple donné et leur implication dans leur communauté d’adoption, Le Courrier de Saint-Hyacinthe et la Chambre de commerce et de l’Indusrie Les Maskoutains sont heureux de décerner le titre de Personnalité du mois d’octobre à Valérie Welsh et Annie Moniqui.

Des similitudes

Sans le savoir, ces deux athlètes de haut niveau ont eu un cheminement similaire et partagent plusieurs passions communes, à commencer par le sport et les études puisqu’elles ont excellé à l’école, malgré les contraintes de leur sport.

Annie, pour qui une mauvaise note était inférieure à 90 pour cent, a obtenu un diplôme collégial en techniques de réadaptation physique et travaille 30 heures semaine à la Clinique de physiothérapie Robert Daigneault à Saint-Hyacinthe. Ambitieuse, l’athlète de 22 ans n’a pas renoncé à poursuivre ses études en physiothérapie.Valérie, 24 ans, a été admise à la Faculté de médecine vétérinaire, mais a obtenu le rare privilège de pouvoir suspendre sa formation intensive pour vivre son rêve olympique, elle qui a intégré l’équipe canadienne de nage synchronisée en 2008.Annie a découvert l’haltérophilie à l’âge de 9 ans à l’invitation d’une amie et a tout de suite eu la piqûre malgré les réticences de sa mère qui n’aimait pas trop voir sa fille se lancer dans un sport « de madames à grosses cuisses pas trop féminines ».« Je lui avais juré à ce moment que je serais une Olympienne un jour, mais elle n’y croyait pas trop. Il m’a fallu 11 ans, mais j’ai tenu promesse. »Chacune a cumulé un nombre appréciable de médailles au cours de sa carrière amateur. Annie dit en avoir une soixantaine soigneusement (!) rangées dans une vieille boîte à chaussures, tandis que les principaux faits d’armes de Valérie ces dernières années avec l’équipe canadienne sont deux médailles de bronze en championnats du monde, une médaille de bronze en coupe du monde, une médaille d’or aux Jeux panaméricains et la quatrième place aux Jeux de Londres.

La crème de la crème

Au niveau familial, elles sont toutes les deux la seconde enfant et seule fille d’une famille de trois enfants, « la crème du biscuit Oréo » comme se plaît à dire la maman de Valérie. Elles ont chacune eu des frères hockeyeurs. Samuel Moniqui garde les buts des Braves de Valleyfield dans la ligue junior AAA et Julien Welsh a évolué dans la Ligue junior majeur du Québec et tenu la vedette de la série Montréal-Québec.

Les deux filles ont toutes les deux joué au hockey pendant quelques années, même que Valérie a aussi excellé au baseball féminin, sport qu’elle a dû délaisser alors qu’elle frappait à la porte de l’équipe canadienne, pour se consacrer à la nage synchronisée. Elle craque pour ce sport depuis les Olympiques de 1996.« Ma mère en avait assez de mon style tom boy et du baseball. Elle voulait sa petite princesse, que je fasse du ballet ou quelque chose comme ça. C’est un coach de natation qui m’a orientée vers la nage synchronisée. Faut dire que je n’arrêtais pas de faire des pirouettes dans l’eau! C’est en voyant l’équipe canadienne aux Jeux d’Atlanta en 1996 que la magie a opéré, et ce, au grand plaisir de ma mère! »Au sujet de leurs performances à Londres, elles sont toutes les deux critiques.Terminer au pied du podium a fait vivre beaucoup d’émotions à Valérie. « J’ai été hyper contente sur le coup, puis déçue par la suite. De retour au pays, j’ai réalisé que gagner une médaille n’aurait pas été plus hot. J’ai fait la performance de ma vie et nagé au top de mes capacités, tant pis pour la médaille! »Annie ne visait pas de médaille, mais elle aurait bien voulu établir une marque personnelle et un record canadien. « Je me suis plantée comme jamais dans ma vie, dit-elle. C’est encore difficile pour moi d’en parler, car je ne suis pas habituée aux échecs, mais je sais que je peux faire beaucoup mieux et ce que j’ai à améliorer pour Rio. Je dois travailler mon mental et apprendre à écouter mon corps davantage. »Même si elles ont plusieurs points communs, un trait de leur personnalité diffère totalement. Pour l’essentiel, Valérie ne jure que par les sports d’équipe. « J’ai besoin de sentir l’énergie d’une équipe, du sentiment d’entraide nécessaire à la réussite, de savoir que nous dépendons toutes l’une de l’autre dans la piscine. Je carbure à ces émotions. Le trip de gagner en équipe, il n’y a rien de plus fort. »Annie, elle, ne jure que par les sports individuels, d’où l’attrait de l’haltérophilie un sport où les réussites et les échecs sont attribuables à une seule et même personne.« J’ai toujours donné mon 110 ou 120 % et j’avais du mal à composer avec des coéquipiers pas aussi intenses ou compétitifs que je pouvais l’être déjà toute jeune. Avec l’haltérophilie, j’ai finalement trouvé un sport à ma mesure. »Et avec Annie et Valérie, Saint-Hyacinthe a trouvé deux grandes championnes!

image