14 mai 2015
Renouvellement de la convention collective
On brandit les drapeaux chez Barry Callebaut
Par: Jean-Luc Lorry
On brandit les drapeaux chez Barry Callebaut

On brandit les drapeaux chez Barry Callebaut

Roland Piché, président du Syndicat des ­salariés de Barry Callebaut Canada (usine de Saint-Hyacinthe).  Photo François Larivière | Le Courrier ©

Roland Piché, président du Syndicat des ­salariés de Barry Callebaut Canada (usine de Saint-Hyacinthe). Photo François Larivière | Le Courrier ©

Sébastien Guilbert, director manufacturing North America de la multinationale suisse Barry Callebaut.  Photothèque | Le Courrier ©

Sébastien Guilbert, director manufacturing North America de la multinationale suisse Barry Callebaut. Photothèque | Le Courrier ©

Les négociations entourant le ­renouvellement de la convention ­collective à l’usine Barry Callebaut de Saint-­Hyacinthe ne semblent pas au goût des 375 employés syndiqués. Ceux-ci ont ­voté la semaine dernière à hauteur de 93 % en faveur de moyens de pression qui n’ont pas tardé à se concrétiser.

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Mardi, un barbecue a été organisé de 6 h 30 à 18 h 30 sur l’espace de stationnement de l’usine pour permettre aux ­employés d’exprimer leur mécontentement et des drapeaux affichant le logo de la CSN ont été plantés sur la clôture ­métallique.

« Depuis le début des négociations en août 2014, nous avons eu 20 rencontres avec la partie patronale et cela n’avance pas », déplore en entrevue au COURRIER, Roland Piché, président du Syndicat des salariés de Barry Callebaut Canada (usine de Saint-Hyacinthe).

D’une durée de cinq ans, la convention collective qui régit le travail des travailleurs syndiqués est échue depuis la fin juin 2014. Les représentants syndicaux réclament une bonification des salaires de l’ordre de 5 % par année en raison de l’augmentation de la cadence.

Selon le syndicat, cette hausse du rythme de travail est attribuable à la ­modernisation des lignes de production de l’usine. L’an dernier, Barry Callebaut avait installé une nouvelle ligne de ­production permettant d’accélérer la ­fabrication de chocolat moulé.

« La cadence est beaucoup plus élevée. Nous fabriquons plus de kilos de chocolat à l’heure, mais le nombre d’employés, lui, diminue. Je pense qu’il manque du ­personnel dans l’usine pour répondre correctement à la demande », estime M. Piché qui est employé depuis 27 ans à l’usine de la rue Nelson.

Celui-ci se souvient que lorsqu’il a ­commencé à travailler pour le compte de la confiserie Comète (acquise par Barry Callebaut en 1990), l’usine produisait 60 tonnes de chocolat par semaine.

« Aujourd’hui, nous frôlons les 600 tonnes par semaine. Depuis deux ans, la direction nous fait la vie dure. Si ­l’employeur ne comprend pas le message, nous allons continuer nos moyens de pression », prévient M. Piché.

Direction confiante

Du côté patronal, on considère que les négociations ne sont pas dans une ­impasse et l’on se dit confiant de trouver un terrain d’entente.

« Le syndicat nous a déposé une ­demande qui compte environ 200 points. Cela prend beaucoup de temps pour les comprendre et pour y répondre. Notre ­réponse ne sera pas celle que le syndicat souhaitera entendre, mais nous devons maintenir les emplois ­ainsi qu’assurer la survie de l’usine de Saint-Hyacinthe », ­indique Sébastien Guilbert qui occupait jusqu’à tout ­récemment le poste de ­directeur de l’usine de Saint-Hyacinthe.

M. Guilbert vient d’être nommé ­director manufacturing North America au siège social nord américain de Barry Callebaut à Chicago. Dans ses nouvelles fonctions, il supervisera la production de neuf usines (Canada, États-Unis, Mexique).

« Je travaille chez Barry Callebaut ­depuis 23 ans et les parties patronale et syndicale ont toujours réussi à ­s’entendre », ­mentionne M. Guilbert.

Chef de file mondial dans la fabrication de produits à base de chocolat et de cacao de qualité supérieure, la multinationale suisse Barry Callebaut a réalisé l’an ­dernier, un chiffre d’affaires de l’ordre de 7,7 milliards de dollars.

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