12 avril 2018
On passe d’une école à l’autre à Saint-Barnabé
Par: Rémi Léonard
La fierté de la nouvelle école de Saint-Barnabé réside dans son gymnase, un petit joyau pour une école de seulement quatre classes où le basketball est l’activité de prédilection. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La fierté de la nouvelle école de Saint-Barnabé réside dans son gymnase, un petit joyau pour une école de seulement quatre classes où le basketball est l’activité de prédilection. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Puisque les plus vieux du primaire fréquentent l’immeuble Saint-Barnabé, ce facteur a été pris en compte dans la conception de l’école. « On voulait que ça soit comme une transition avec le secondaire », a expliqué la directrice en montrant par exemple les casiers installés dans les corridors. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Puisque les plus vieux du primaire fréquentent l’immeuble Saint-Barnabé, ce facteur a été pris en compte dans la conception de l’école. « On voulait que ça soit comme une transition avec le secondaire », a expliqué la directrice en montrant par exemple les casiers installés dans les corridors. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’excitation était grande à l’école primaire de Saint-Barnabé-Sud lorsque les élèves ont pu découvrir l’édifice flambant neuf qui les attendait au retour de la relâche. Depuis les derniers mois, ils pouvaient voir progresser juste derrière leur école ce chantier de 4,4 M$.

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Le déménagement étant maintenant complété, il ne reste plus qu’à démolir l’ancien bâtiment, dont la structure était devenue déficiente. Mais avant que cette partie de l’histoire de Saint-Barnabé ne s’efface, l’école accueillera une dernière activité collective, qui aura lieu demain à partir de 16 h.

La directrice de l’école aux Quatre-Vents, Maryse Gélinas, veut en effet réunir les anciens de l’école, les gens de la communauté et les élèves actuels pour souligner ce passage d’une école à une autre dans une atmosphère de retrouvailles. « C’est quand même majeur. On ne voulait pas laisser passer ça », a-t-elle commenté quelques jours avant l’activité. Pour marquer l’occasion, qu’elle décrit comme une sorte de « rite de passage », les élèves et les invités pourront même écrire sur les murs des anciennes classes, un clin d’œil au thème de l’année et une façon de dire au revoir à l’école.

La fête du livre et un souper spaghetti s’ajoute également au programme de la soirée, qui se déroulera dans les deux immeubles. Les visiteurs pourront donc visiter la toute nouvelle école et, de l’autre côté, constater l’inclinaison du plancher de l’ancien édifice, signe que les fondations s’enfoncent tranquillement vers l’arrière, situation à l’origine de la reconstruction.

Un peu d’histoire

Grâce à des recherches sur l’histoire de Saint-Barnabé-Sud, dans les livres, mais aussi avec l’aide de la mémoire de Yolande Poirier, qui a longtemps enseigné à cette école, Maryse Gélinas compte aussi présenter un volet historique aux invités pour alimenter leurs souvenirs.

Elle a en effet remonté jusqu’en 1840, où l’on retrouve les premières traces d’écoles à Saint-Barnabé. L’immeuble qui sera bientôt démoli date quant à lui de 1960. Nommée Marie-Reine-du-Monde, c’est la cinquième école de l’histoire du village et elle comptait à la fois des enseignantes laïques et des religieuses de la congrégation des Sœurs Saint-Joseph lors de son ouverture. Toujours selon les recherches, sa construction marque la fin des multiples écoles de rang qui existaient dans les campagnes de Saint-Barnabé jusqu’alors.

La nouvelle école est donc la sixième construite au village. Fait intéressant, le bâtiment s’est progressivement déplacé vers l’arrière en s’éloignant de la route de Michaudville au fil des reconstructions. En 1905, un échange de terrain a même eu lieu avec la Fabrique pour permettre l’érection d’une nouvelle école, une situation très semblable au projet actuel, pour lequel cette fois c’est la municipalité qui a procédé à l’échange de terrain. « L’histoire se répète », a constaté avec amusement la directrice.

Elle souligne par ailleurs que, jusqu’en 1972, il existait même une commission scolaire de Saint-Barnabé-Sud, avant la fusion avec celle de Saint-Hyacinthe. L’école a aussi failli fermer ses portes dans les années 1970 sous la pression de la centralisation. La décision était même arrêtée, mais la réaction de la communauté, qui s’est notamment mobilisée en remettant une pétition de 315 noms, est finalement parvenue à renverser le projet. L’appui du ministère de l’Éducation, qui visait à garder au moins une école dans chaque village, a été déterminant dans cette saga.

Le regroupement des quatre écoles tel qu’on le connait aujourd’hui (Saint-Jude, Saint-Barnabé-Sud, Saint-Bernard-de-Michaudville et Saint-Louis-sur-Richelieu) a été effectué en 1975 et prendra peu de temps après le nom d’école aux Quatre-Vents. C’est dans les années 1980 que les différents niveaux ont été répartis entre les quatre immeubles. Cette organisation permet de former le plus possible des classes avec des élèves d’un seul niveau. Par exemple, seuls les élèves du troisième cycle (5e et 6e année) se retrouvent à l’immeuble Saint-Barnabé. 

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