10 janvier 2013
Encore des coupures à la CSSH
« On se demande vers quoi on s’en va »
Par: Le Courrier

La cure minceure imposée à plusieurs ministères par le récent Budget Marceau pourrait se traduire par des compressions budgétaires de 8,7 M$ à la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH).

Si ce montant reste à être confirmé, le président du conseil des commissaires, Richard Flibotte, dénonce déjà vivement ces nouvelles compressions.

« Pour mettre les choses en perspective, le siège social de la commission scolaire coûte annuellement 7 M$ à opérer, en incluant les salaires. Si on le fermait demain matin, on serait encore en manque d’un million sur les compressions qu’on nous demande d’effectuer, a illustré M. Flibotte. Ce n’est qu’une image, mais ça donne une idée de l’effort qu’on exige de nous. » La somme totale des compressions a été évaluée par l’administration de la CSSH en fonction des directives énoncées dans le Budget Marceau. Le document annonce le retrait d’un programme de financement temporaire introduit en 2006 qui visait à atténuer l’impact de la hausse de l’évaluation foncière dans les municipalités sur le compte de taxe scolaire. Les contribuables pouvaient d’ailleurs observer l’effet de cette mesure sur leur compte de taxe scolaire, où figurait le montant de la réduction. « Nous devrons d’abord confirmer le montant des compressions auprès du ministère de l’Éducation, puis évaluer les avenues qui s’offrent à nous pour soustraire 8,7 M$ de notre budget. Ça ne veut pas dire qu’il y aura nécessairement une hausse des taxes scolaires pour les contribuables », a noté M. Flibotte. Les compressions de 8,7 M$ représentent 6,4 % du budget total de la CSSH. Elles sont prévues sur trois ans, mais 50 % (4,3 M$) du montant devra déjà être retranché en vue de la prochaine rentrée. En y ajoutant les compressions récurrentes de 2011-2012 (700 000 $) et de 2012-2013 (1,9 M$), la CSSH aura donc vu son budget fondre de 7 M$ en trois ans. « L’effort est d’autant plus important que notre commission scolaire a mené un plan de redressement dès 2006. Nous avons déjà coupé beaucoup au niveau des coûts de gestions et d’administration, qui ne représentent plus que 4,7 % de notre budget de 135 M$. Nous sommes d’accord à ce que chacun fasse sa part face à la situation financière actuelle au Québec, mais nous estimons que nous avons déjà mis l’épaule à la roue et que la situation devient inéquitable, voire irréaliste. On se demande vers quoi on s’en va. » Jusqu’ici, l’ensemble des coupures des dernières années n’ont toujours concerné que les services administratifs, afin de maintenir le niveau des services aux élèves. « Mais en coupant sans cesse dans les services administratifs, les services aux élèves s’en ressentiront forcément un jour ou l’autre. Lorsqu’on va au cinéma, on voit le produit fini, mais si tous les gens au générique ne sont pas en mesure de faire un travail de qualité, c’est la qualité du film qui s’en ressent. On vit la même situation à la commission scolaire : si personne ne s’occupe que l’autobus arrive à l’heure, que le toit ne coule pas ou que les classes soient disponibles, ce sont les élèves qui en vivront les conséquences », a conclu M. Flibotte.

image