16 août 2012
Orange dévoile ses couleurs
Par: Le Courrier

Question de mettre l’eau à la bouche, le comité d’Orange, évènement d’art actuel de Saint-Hyacinthe en lien avec l’agroalimentaire, a dévoilé quelques détails au sujet de la programmation de cette 4 e édition qui se tiendra du 15 septembre au 28 octobre sous le thème Les mangeurs.

En collaboration étroite avec Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, Orange aborde les diverses problématiques de l’art actuel en lien avec la nourriture et l’agroalimentaire par le biais d’expositions, d’interventions et de conférences. La première édition ayant été réalisée en 2003, suivie en 2006 et 2009 des éditions précédentes, Marcel Blouin, directeur général d’Expression et codirecteur d’Orange croyait pertinent et réaliste de poursuivre la réalisation de ce projet sur une base triennale.

« Ce n’était pas l’idée d’en faire une triennale au début, mais on s’est dit que c’était tout à fait logique de procéder ainsi parce que c’est beaucoup de travail. La formule triennale convenait assez bien à nos objectifs, à nos énergies et à nos budgets », précise-t-il.Les commissaires de cette 4 e édition sont Véronique Grenier, adjointe à la direction générale d’Expression et codirectrice d’Orange, Ève Katinoglou, conservatrice adjointe au Musée Lachine et Ève Dorais, chargée de projet à l’Université du Québec à Montréal. La thématique cette année étant Les mangeurs, les trois commissaires ont choisi d’approfondir le sujet en imposant un sous-thème aux artistes, soit la nourriture et la mort. « Pour cette édition, nous avons développé notre réflexion à partir du constat que sans la nourriture, l’être vivant perd la vie. Derrière cette évidence se sont tissés des liens entre la nourriture et la mort. On a donc décidé de lancer un appel de dossier aux artistes et de leur donner des pistes de réflexion sur cette sous-thématique », explique Véronique Grenier.Cette double préoccupation qui est la nourriture et la mort peut provoquer un glissement de la denrée à celui qui l’ingurgite, selon les commissaires. Elles se sont donc davantage intéressées à la condition mortelle à laquelle sont exposés les mangeurs ainsi qu’à la relation complexe qu’ils entretiennent avec la nourriture. Et ce, tout en s’intéressant aux comportements individuels et collectifs, explique Ève Katinoglou.« Pour les comportements individuels, on est allé dans les côtés un peu plus sombres de la psychologie. On a donc fait référence aux angoisses et obsessions. Au niveau des comportements collectifs, on a lancé comme piste de réflexion aux artistes les commémorations, les sacrifices et les rituels qui impliquent de la nourriture et, de loin, la question de la mort », poursuit-elle.La variété des médiums étant un critère de sélection important pour Orange, les responsables ont retenu des oeuvres artistiques variées, telles que des installations, peintures, photos, performances, vidéos et collages, confirme Ève Dorais. Mais aussi des oeuvres de nature soit plus intellectuelles, soit plus sensibles. « Il y a des oeuvres qui peuvent être plus choquantes ou troublantes, d’autres plus séduisantes, fascinantes aussi », ajoute-t-elle. Cette année, 19 artistes du Québec, du Canada et de l’étranger seront réunis pour cette manifestation artistique. Encore une fois, les commissaires ont misé sur la variété d’états de carrière afin de sélectionner les artistes de cette 4 e édition. « Il y aura des artistes de la relève dont on n’a jamais entendu parler et des artistes qui ont une carrière forte et établie, mais qui sont peut-être moins connus. Aussi nous avons des artistes de renommée internationale, dont Michael Snow, artiste canadien dont la carrière a été importante pour le cinéma expérimental.

Publication de l’édition 2009

Trois ans plus tard, le comité d’Orange publie le recueil de l’édition précédente. Dirigée par Geneviève Ouellet, commissaire à l’époque, cette publication cartonnée de 187 pages pose un regard détaillé sur les oeuvres qui ont été présentées dans le cadre de l’édition intitulée Il Nostro Gusto.

Selon Marcel Blouin, ce délai d’attente permet non seulement de publier un livre d’une grande qualité, mais surtout de jeter un regard différent sur ces oeuvres qui ont constitué la 3 e édition d’Orange. « Orange est un laboratoire de réflexion et, bien sûr on connaît les oeuvres qui vont être présentées, mais il arrive qu’elles se transforment en fonction des lieux où elles sont exposées. Donc, on photographie les oeuvres, on écrit et on réfléchit sur les oeuvres. Et ensuite, on fait la publication. Ces trois années-là nous permettent d’éditer des publications comme celles-ci », explique-t-il.Orange 2012 se déroulera dans les aires d’exposition d’Expression ainsi qu’à l’ancienne Ressourcerie, située sur le boulevard Laframboise. Un vernissage aura lieu le samedi 15 septembre lors de la journée d’ouverture. De nombreux artistes seront présents et des performances seront données pour l’occasion. Le lancement de la publication du recueil d’Orange 2009 – Il Nostro Gusto aura lieu cette même journée.

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