19 août 2021
Oscar Laroue libère
Par: Maxime Prévost Durand
Sous le pseudonyme Oscar Laroue, la Maskoutaine Josiane Rouette a lancé au début août son premier album intitulé Le Kraken.
Photo Gabrielle Proulx

Sous le pseudonyme Oscar Laroue, la Maskoutaine Josiane Rouette a lancé au début août son premier album intitulé Le Kraken. Photo Gabrielle Proulx

Oscar Laroue, c’est le projet solo de la Maskoutaine Josiane Rouette. C’est aussi un univers fantastique aux sonorités électro-pop rétro et dramatiques, comme en témoigne son premier album, Le Kraken, lancé de façon indépendante le 6 août.

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Au fil des sept morceaux qui forment ce disque, l’auteure-compositrice-interprète dit avoir voulu « créer un univers divertissant », presque cinématographique, empreint d’un « mélange de nostalgie et d’expression de soi ». Le tout saupoudré d’un petit côté absurde par moment et marqué d’un intérêt pour les créatures de toutes sortes.

« J’avais envie de toucher les gens qui me ressemblent un peu et qui ont des intérêts semblables aux miens », affirme Josiane Rouette en entrevue avec LE COURRIER.

Trompettiste de métier, la musicienne de 40 ans a accompagné plusieurs artistes établis au fil des années, de Radio Radio à Marc Dupré en passant même par Cee Lo Green. Elle avait aussi fait partie de la formation Marco et les Torvis il y a quelques années avant que le groupe maskoutain ne mette fin à son aventure. En 2018, elle se lançait en solo avec un premier EP signé sous le nom d’Oscar Laroue, intitulé Triton cavernicole.

« Avec le EP, j’étais plus en exploration. Puis, quand j’ai commencé à faire des spectacles, je me suis rendu compte qu’il y avait certaines choses que je préférais pour mieux transmettre ma musique aux gens. Avec Le Kraken, la grande différence, c’est que je me voyais le faire en spectacle. »

Cette évolution s’entend dans la musique d’Oscar Laroue. Les sections de cordes sont beaucoup moins présentes sur Le Kraken et laissent place à davantage de synthétiseurs. « On a réussi à aller chercher des sons en passant la guitare dans une console analogique des années 80 pour la distorsion », explique Josiane Rouette, qui a travaillé avec Yanik Garon à la réalisation et aux arrangements. D’autres instruments, comme la flûte et la clarinette de même que la flugelhorn, ont néanmoins trouvé leur place sur ce disque lors de certaines envolées plus orchestrales.

Au-delà de l’univers fantastique qui se dégage de cet album, l’artiste maskoutaine évoque des maux de notre société actuelle dans ses textes. Sur la pièce « Pas de temps », un morceau planant en ouverture d’album, elle parle de son exaspération face à la haine trop souvent véhiculée sur les médias sociaux. Puis, sur « Limace », une chanson qui a « une vibe à la Portishead », elle laisse place à son côté plus sarcastique et ironique avec une réflexion sur le « scrolling » des médias sociaux.

Un appui important

Pour la réalisation de ce projet, Josiane Rouette a pu compter sur différentes bourses du Conseil de la culture de Saint-Hyacinthe. Depuis la création d’Oscar Laroue, elle estime avoir reçu entre 8000 $ et 10 000 $ grâce à ce programme.

« Ils m’aident depuis le tout début. Ça m’a donné un grand coup de pouce, autant pour l’album que pour faire un clip et pour la promotion. Je suis bien chanceuse. Ça aide beaucoup parce que tout ça est dispendieux, avec les montages vidéo et les sessions d’enregistrement. [Sans cette aide], je serais allée quand même au bout du projet, mais le clip aurait été à plus petit budget, donne-t-elle en exemple. Au niveau de la qualité, ça paraît quand tu es capable de faire travailler des gens de l’industrie. C’est indispensable. »

Elle a par ailleurs profité de la pandémie, pendant que tous ses autres engagements comme trompettiste étaient suspendus, pour se consacrer entièrement à la création de l’album. Maintenant que les mesures sanitaires ont été allégées et que Le Kraken a été lancé, elle compte donner vie à cet album sur scène autant que possible. Un lancement a eu lieu à Montréal, au Ministère, le jour de sa sortie, puis d’autres spectacles seront annoncés sous peu, dont à Saint-Hyacinthe, espère la Maskoutaine.

L’album Le Kraken est disponible sur les plateformes numériques et sur Bandcamp.

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