23 novembre 2017
carte blanche
Où est l’urgence?
Par: Pierre Bornais

Tout le monde se pose la question, face à la position du gouvernement Trudeau de maintenir – coûte que coûte – sa décision sur le cannabis. 

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Il est loin d’être assuré que la population partage majoritairement sa hâte – pour ne pas dire son engouement – pour le 1er juillet 2018. Les organismes interpellés par la nouvelle loi sont pour le moins réticents. La raison est simple : personne ne sera prêt à soutenir au quotidien la décision fédérale.
Voilà une illustration éloquente du manque d’écoute qui caractérise le gouvernement d’Ottawa face à l’ensemble de la population. Mais quels sont donc les véritables intérêts du fédéral dans l’implantation rapide d’une loi permettant un élargissement de l’utilisation du cannabis au Canada. À ce jour, aucun des arguments utilisés par le gouvernement Trudeau ne justifie une telle hâte et un tel entêtement. En contrepartie, Québec admet qu’il n’aura pas les moyens d’assumer sa responsabilité d’application de la loi, les instruments de contrôle faisant défaut.
Du côté des organismes impliqués, l’avis est unanime et la conclusion limpide : les ressources disponibles, insuffisantes, seront rapidement débordées. Même les potentiels producteurs au Québec seront écartés, compte tenu des délais d’approbation pour les permis. Ce qui fera de nous des consommateurs dépendants de l’importation. À nous les problèmes, à d’autres les avantages potentiels.
La permission d’accéder aux vols nationaux et internationaux – à l’exception des É.-U. – avec en sa possession un canif dont la lame est de 6 cm appartient au même entêtement. Là aussi, l’argument du ministre voulant que certains pourraient utiliser un tel outil pour « se couper les ongles » laisse pantois sur le fondement réel de cette décision et ne tient pas la route.

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