22 septembre 2016
Église Sacré-Coeur-de-Jésus
Oui à la démolition
Par: Benoit Lapierre
Le comité de démolition a siégé lundi dans l’édifice René-Richer pour écouter les représentations faites à l’égard de la demande de permis de démolition visant l’église Sacré-de-Jésus.

Le comité de démolition a siégé lundi dans l’édifice René-Richer pour écouter les représentations faites à l’égard de la demande de permis de démolition visant l’église Sacré-de-Jésus.

À la demande de sept citoyens, le comité de démolition de la Ville de Saint-Hyacinthe s’est penché lundi après-midi sur le cas de l’église Sacré-Coeur-de-Jésus et de son presbytère, deux bâtiments dont la sauvegarde paraît de plus en plus improbable.

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Loin de renverser la vapeur dans le dossier, le comité, au terme d’une heure et demie d’audience, a pris la décision d’autoriser l’émission du permis de démolition demandé par la Fabrique de la paroisse Saint-Thomas-d’Aquin, maintenant responsable des églises Sacré-Coeur-de-Jésus et Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement.

Rappelons que la Fabrique a accepté en juin une offre de 500 000 $ de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe pour l’acquisition de l’immeuble Sacré-Coeur-de-Jésus (350 000 $) et la démolition des bâtiments (150 000 $). La Commission souhaite récupérer le terrain pour en faire une cour d’école adaptée aux besoins de la clientèle de l’école René-Saint-Pierre située en face, au 2255, boulevard Laframboise.

Toutefois, les opposants à la démolition pourraient encore y faire obstacle en interjetant appel de la décision du comité de démolition devant le conseil municipal, cela dans un délai de 30 jours à compter du 19 septembre.

Trois membres du comité de démolition – les conseillers Sylvie Adam, Jacques Denis et Bernard Barré, substitut – il remplaçait Nicole Dion Audette -, se sont donc réunis lundi après-midi pour entendre les intervenants dans le dossier. L’audience a eu lieu dans une petite salle de l’édifice René-Richer (service de l’urbanisme), baptisé ainsi à la mémoire du célèbre architecte maskoutain qui a dessiné d’innombrables édifices publics tant à Montréal qu’à Saint-Hyacinthe, dont, incidemment, l’église Sacré-Coeur-de-Jésus. Elle a été construite en 1946-1947 sur le site du collège Sacré-Cœur, détruit par un incendie qui a fait 46 victimes le 18 janvier 1938.

Le fait qu’il s’agisse d’une réalisation de René Richer (1887-1963) est d’ailleurs un argument avancé par le citoyen Claude Borduas pour illustrer la valeur architecturale et historique de l’église menacée. « Il y a certainement un élément patrimonial dans ce dossier, et pas seulement une dimension religieuse » a-t-il fait valoir, ajoutant que la Ville de Saint-Hyacinthe avait plutôt eu mauvaise presse ces derniers temps en matière de protection du patrimoine.

Pour lui, il est impensable que la cour d’une école accueillant des élèves handicapés soit aménagée de l’autre côté de la rue, un boulevard par surcroît. « Une cour d’école, c’est dans la cour de l’école », a-t-il plaidé.

C’est ce que pense également Jacques Beauséjour, un ardent défenseur de l’église Sacré-Cœur, qui a présenté ses principaux arguments dans un document de plusieurs pages dont il a fait lecture. M. Beauséjour a aussi reproché à la Fabrique de ne pas être allée au-devant d’autres communautés chrétiennes qui auraient pu être intéressées par l’église Sacré-Cœur. Dans la même veine, il a soutenu que l’enseignement d’un rite biblique oublié – celui de l’imposition des mains – créerait une recrudescence de la pratique religieuse susceptible de sauver des églises de la fermeture. 

« Le rôle de l’équipe de gestion n’est pas de réécrire les règles de l’Église catholique », devait répliquer plus tard le président de l’assemblée de fabrique de la paroisse Saint-Thomas-d’Aquin, Robert Charbonneau.

Il a affirmé que ce sont les coûts importants d’une remise en état de l’église qui ont découragé les huit acheteurs potentiels qui se sont manifestés après la mise en vente de l’église, en 2012, avec un projet de reconversion en tête. Il a rappelé que le comité diocésain qui avait été chargé en 2004 de se pencher sur l’avenir des 11 églises de Saint-Hyacinthe avait conclu l’année suivante que dans un horizon de cinq ans, une église par unité pastorale allait disparaître. « C’était trois ou quatre églises de moins pour 2010. Est-ce que ces gens-là ont bien réfléchi? Je pense que oui. Il y a eu une réflexion sérieuse, ça n’a pas été tiré à « tête ou bitch », a conclu M. Charbonneau. 

La Commission scolaire, quant à elle, s’était fait représenter à l’audience par son directeur des ressources matérielles, Jean-François Soumis. Il a expliqué que le projet répondait parfaitement aux besoins d’une école spécialisée dont le déménagement, à l’école Casavant parexemple, ne pouvait être envisagé. «René-Saint-Pierre est à mi-chemin entre une école et une institution hospitalière. Quand on commence à aligner les chiffres (le coût d’un déménagement), c’est quelque chose qui ne tient pas la route », a-t-il résumé.

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