7 avril 2016
Mercedes-Benz Classe G 2016
Oui mon caporal!
Par: Marc Bouchard

Que les écologistes convaincus, les ­partisans indéniables de la voiture ­électrique et autres défenseurs de ­l’environnement me pourfendent tout de suite, car je vous avise immédiatement, cet essai routier n’est pas pour vous. En fait, vous aurez tous les droits de me blâmer et de me critiquer. Je dois quand même l’avouer : les derniers jours ont été, pour le petit garçon en moi, les plus beaux.

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Il faut dire que j’ai passé quelque sept jours au volant d’un gigantesque Classe G de Mercedes-Benz, le genre de véhicule qui n’est pas sans me rappeler les petits camions avec lesquels je m’amusais comme un fou dans ma plus tendre enfance.

Concrètement, on ne parle pas exactement d’un véhicule aux lignes sexy et à la silhouette aguichante. On distingue ­plutôt le Classe G pour sa taille ­imposante et pour ses courbes un peu trop ­abondantes. Les mauvaises langues ­diront d’ailleurs que cela nous fait un point en commun!

En fait, le Mercedes-Benz Classe G a tout du véhicule militaire : carré, sans ­flaflas et sans bling-bling. On parle ici d’efficacité maximale et de capacités hors du commun. Ce qui explique probablement que l’armée canadienne se soit entichée de ce véhicule et soit devenu ­propriétaire de plusieurs dizaines d’entre eux, en version moins luxueuse ça va de soi.

Si vous pensez que le Classe G a une ­allure vieillotte, vous ne vous trompez pas beaucoup. Outre quelques mises à jour esthétiques mineures comme des phares à DEL ou un pare-chocs revampé (ce dernier est une nouveauté cette ­année), vous aurez exactement sous les yeux le même véhicule que lors de son lancement en 1979. La plateforme est la même, la carrosserie aussi, et l’allure générale n’a pas bougé d’un iota.

Sous le capot

Le Mercedes-Benz Classe G550, notre modèle d’essai, est un véritable tout-­terrain. Sous le capot, on glisse un ­moteur V8 biturbo 4,0 litres de 416 chevaux, une mécanique partagée aussi avec la très sportive AMG GT. Les plus ­passionnés pourront opter pour le G63 ou le G65 AMG, deux versions un peu plus vitaminées (la G63 affiche une capacité de 563 chevaux alors que le G65 compte sur un V12 biturbo de 621 chevaux), mais dont le prix est à l’avenant.

Vous aurez aussi compris que ce genre de mécanique, même pour le G550, n’a rien d’économique. À la fin de ma ­semaine d’essai, et en ayant été aussi poli que possible avec l’accélérateur, j’ai tout de même totalisé une consommation moyenne de 17,8 litres aux 100 kilomètres. Un total qui aurait ­aisément pu être augmenté si j’avais poussé la machine ou si j’avais parcouru des kilomètres hors route.

Car ce Classe G, c’est d’abord et avant tout un véhicule qui ne connait pas de ­limites. Son rouage 4 roues motrices avec triples commandes de verrouillage de ­différentiel lui permet d’affronter toutes les surfaces, aussi ardues soient-elles.

Il y a deux ou trois ans, au moment d’une autre mise à jour, j’avais eu ­l’occasion de tester le Classe G sur une montagne métallique avec une pente de 75 degrés. Le passager que j’étais a éprouvé beaucoup plus de difficultés que le véhicule lui-même dans la pente.

Sur la route

Dans l’habitacle, le Classe G a tout ce qu’il lui faut pour s’appeler Mercedes-Benz. Sa qualité de finition est irréprochable, ses cuirs sont de qualité, ses boiseries ­affichent un fini unique, un écran central affiche la navigation et toutes les ­commandes et le tout est bordé de ­technologies sécuritaires (du genre ­avertissement d’angles mort ou régulateur de vitesse intelligent).

Des modes pneumatiques permettent même de régler la position de conduite au gré de votre volonté, dans toutes les positions imaginables.

Oui, la direction donne l’impression de ne pas être assistée tellement elle est ­exigeante à basse vitesse (gracieuseté d’une direction à recirculation de billes), et oui, les suspensions prévues pour le hors route donnent une sensation de ­sautillement permanent à laquelle on se fait sans peine. Mais le fanatique de conduite que je suis s’est rapidement adapté et je n’ai jamais regretté mon ­séjour dans le Classe G.

Non, ce n’est pas un véhicule pour tout le monde. J’avoue cependant humblement que de circuler à son volant, bien en haut des véhicules ordinaires (le Classe G fait près de 2 mètres de hauteur et sa position de conduite est proportionnelle), donne une petite sensation de puissance.

Il y a bien un bémol, outre l’abusive consommation et c’est le prix d’achat : le G550 débute à 127 500 $, ce qui n’est pas rien. Sauf que… si jamais je devenais l’un des millionnaires de la loterie, ce genre de jouet ferait certainement partie de mon écurie. Jugez-moi maintenant!

Photo Marc BouchardFiche techniqueForces :– Capacités hors route hors du commun– Solidité– Habitacle bien outilléFaiblesses :– Prix d’achat– Consommation– Direction imprécise et suspensions sautillantesFiche technique :Moteur : V8 4,0 litres biturboPuissance : 416 chevauxCouple : 450 livres-piedAutres moteurs : V8 5,5 l et V12 6,0 litresTransmission : automatique 7 G tronic PlusRouage : 4 roues motrices Consommation : 17,8 l aux 100 km (observée)Prix : à partir de 127 500 $

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