29 décembre 2016
Jaguar XE 2,0D 2017 
Oui oui, une diesel
Par: Marc Bouchard
Photo : Jaguar Canada

Photo : Jaguar Canada

La seule appellation diesel a une telle mauvaise perception dans l’environnement automobile, en raison des scandales qui ont entouré ce genre de motorisation au cours des derniers mois, qu’il devient presque gênant de conduire une voiture de ce type. Or, le constructeur britannique Jaguar n’a pas hésité une seconde, et propose un moteur diesel sur plusieurs de ces véhicules. Notamment sur la petite Jaguar XE 2017, une voiture que nous avons l’occasion de tester pour plusieurs semaines.

Réglons la chose tout de suite, notre moteur n’a empoisonné personne. La petite Jaguar (je dis petite, car il s’agit de la plus abordable et de la plus compacte des Jaguar sur le marché) affiche haut et fort sa motorisation 2,0 litres dont l’économie de carburant est, rien de moins que spectaculaire : le fabricant affirme être en mesure de réaliser une consommation combinée de 6,9 litres aux 100 kilomètres. Je confirme ou presque, puisqu’après avoir passé le temps des Fêtes en sa compagnie, notre Jaguar présente une cote de consommation de 7,2 litres aux 100 kilomètres avec un usage majoritairement urbain.

Pourquoi on parle consommation d’entrée de jeu, plutôt que de parler de confort ou de tenue de route? Tout simplement parce que la Jaguar XE et son moteur diesel sont d’abord choisis pour cela. Car, en matière d’accélération, il faut bien avouer que les 180 chevaux semblent parfois un peu justes. Soyons cependant honnêtes : une fois lancée, la voiture n’a rien à envier à personne, et bien que le 0-100 soit un peu lent (7,9 secondes selon le constructeur), on s’y fait.

En fait, après un mois à son volant, nous avons appris à maîtriser les accélérations au point d’être en mesure de nous faufiler dans n’importe quelle circonstance et dans n’importe quelle condition, et jamais la petite Jaguar ne nous a fait faux bond. Un bon mot dans ce cas pour sa transmission automatique 8 vitesses et sa légèreté remarquable, elle qui est assemblée sur une nouvelle structure aluminium qui la rend d’une exceptionnelle maniabilité.

Petit détail non négligeable, avec notre féroce début d’hiver, la Jaguar XE arrive avec un rouage intégral dans toutes ses déclinaisons, et propose même un réglage adapté à la neige (on peut aussi choisir un mode dynamique). J’avoue ne pas avoir résisté à la tentation de mettre à l’épreuve ses capacités sur une chaussée enneigée.

D’entrée de jeu, la voiture demeure stable dans presque toutes les conditions, le rouage intégral réagissant avec célérité lorsque l’adhérence diminue. Placée en mode hivernal, la Jaguar accélère plus doucement, modifie ses changements de rapports et permet une conduite tout en douceur.

Placée en mode dynamique (parce que oui, je suis fou comme ça), mais testée dans un environnement sécurisé et sans autres voitures aux environs, la Jaguar conserve sa stabilité, mais devient juste ce qu’il faut de permissive pour laisser le conducteur être maître de son destin. Le contrôle de traction, par exemple, intervient un petit peu plus tard, laissant au pilote le soin de reprendre le contrôle de son véhicule. Amusant et agréable.

Évidemment, on n’achète pas une Jaguar uniquement pour le moteur économique et sa maniabilité. La petite voiture vit avec l’héritage de sa famille et propose un habitacle relativement luxueux, bien qu’un peu sobre, et des matériaux de qualité, même si certains plastiques sont abondants et pas nécessairement aussi agréables que souhaité.

Petit bémol aussi pour l’espace arrière pour les jambes. Il est vrai que la XE est la plus petite de la famille, mais on aurait souhaité un peu plus de dégagement. Lorsque le conducteur prend une position confortable, les occupants de dimensions adultes ont tout juste assez de place pour être confortables. Et quand il s’agit de mon grand adulescent à l’arrière, du haut de ses 6 pieds et 2 pouces, il rechigne un peu et exige que j’avance mon propre siège.

Pour le reste, rien à redire. La molette de transmission qui se dissimule lorsque l’on éteint le moteur continue d’être présente, comme sur toutes les Jaguar, et l’écran d’affichage du système multimédia est imposant, voire gigantesque. Quant au système lui-même, il est simple, convivial et rapide. Certaines faiblesses d’usage (comme pour les sièges chauffants par exemple, qu’il faut allumer via l’écran central) sont un peu dérangeantes, mais au bout de quatre semaines, plus rien n’y paraît.

Avec un prix de base de 45 000 $, la Jaguar XE occupe une place toute spéciale sur le marché : elle a tout ce qu’il faut pour rejoindre les amateurs de luxe, sans pour autant exiger de compromis financier trop imposant. Bref, Jaguar a une recette gagnante, et frappe définitivement un grand coup avec cette berline compacte.

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