14 octobre 2021
Salon de quilles Saint-Hyacinthe
Pandémie : se relever par soi-même
Par: Laurent Théoret

Le propriétaire du Salon de quilles Saint-Hyacinthe, Sylvain Joyal, trouve que son secteur d’activité est le grand oublié de la pandémie. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Avec des pertes à la hauteur de 300 000 $, le propriétaire du Salon de quilles Saint-Hyacinthe, Sylvain Joyal, trouve que son établissement et son secteur d’activité sont les grands oubliés de la pandémie.
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Au pied du mur, il espère encore aujourd’hui recevoir de l’aide du gouvernement de François Legault. « La seule aide que nous avons eue depuis le début de la crise sanitaire, ce sont des prêts. Nous n’avons eu aucune subvention autre que l’aide au loyer de 65 %, explique Sylvain Joyal. C’est bien beau des prêts, mais il faut le rembourser, cet argent-là. »

Le Salon de quilles a pu obtenir un prêt de 60 000 $ grâce au Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes. Ce programme permettait aux entreprises de demander un prêt de 60 000 $ dont un montant de 20 000 $ sera radié si le solde du prêt est remboursé à temps. « Au final, je ne sais même pas si nous allons pouvoir profiter du 20 000 $, car nous allons être serrés dans le temps pour rembourser le prêt », indique le propriétaire.

En plus du prêt, les marges de crédit de l’entreprise ont été étirées au maximum. Il a fallu continuer à payer pour des services essentiels qui n’étaient pas assurés comme le déneigement et l’Internet. Par contre, Sylvain Joyal a pu compter sur la compréhension du propriétaire de la bâtisse, Roger Letendre, pour l’aider à s’en sortir et passer au travers de la pandémie. « Il a été fantastique avec nous. Il a été compréhensif. »

Ce qui choque le propriétaire de l’entreprise maskoutaine est le fait que le gouvernement a donné beaucoup d’aide aux autres industries comme les restaurants et les cinémas – avec la controverse sur le maïs soufflé – et aux particuliers.

« Un des points qui, pour nous, ne marchait pas, c’est qu’il [le gouvernement] a permis aux gens de se rassembler dans les salles de cinéma et au restaurant. Nous autres, nous aurions été capables de respecter les mesures. On a 24 allées, on aurait pu distancer les gens aux deux ou trois allées. C’est ça qui fait mal. Que certaines industries aient pu avoir ce droit-là et pas nous », explique le propriétaire du Salon.

« Je ne veux pas trop me plaindre, car il y a sûrement des gens et des entreprises pires que moi, mais je veux seulement que les gens sachent que nous avons été dans les industries les plus oubliées par le gouvernement et que nous sommes encore là malgré ça », affirme M. Joyal.

En tout et partout, le Salon de quilles Saint-Hyacinthe a été ouvert pendant seulement 6 semaines, vers la fin de l’été dernier, sur une période de 17 mois.

Un objectif : retrouver sa clientèle

Depuis le 23 août, le Salon de quilles Saint-Hyacinthe a rouvert ses portes au grand public. Ayant perdu énormément de joueurs lors des deux dernières années, Sylvain Joyal compte sur les anciens joueurs réguliers qui sont restés ainsi que la population maskoutaine afin de raviver son salon de quilles.

« Pendant la pandémie, nous avons perdu 250 joueurs. De ce nombre, nous en avons récupéré seulement 40 », explique celui qui ne semble pas trop déstabilisé par la situation. Il estime qu’il ne pourra probablement pas récupérer le nombre de joueurs de départ, mais il compte bien en rallier de nouveaux.

De plus, il sait que les citoyens de la grande région de Saint-Hyacinthe ont à cœur d’aider les entreprises locales, ce qui pourrait faire en sorte que le Salon de quilles pourrait retrouver une certaine activité. « Les gens vont chercher à faire des activités cet hiver et je compte là- dessus. »

Un salon de quilles ne peut pas se réinventer. Il est plus compliqué de trouver des alternatives ou une autre manière de fonctionner pour ce genre de commerce que pour un restaurant qui pouvait offrir le service à emporter pour sa clientèle.

Ce qui lui donne le plus d’espoir est probablement l’attitude des gens qui se présentent au Salon. « J’ai une clientèle assez âgée et elle n’a pas été épargnée pendant la pandémie. Mais quand ces gens arrivent au Salon, je les sens vraiment enthousiastes. Ils le font en toute sécurité », conclut Sylvain Joyal.

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