22 août 2013
Papilles, départ et opportunité
Par: Martin Bourassa

Coup de tonnerre dans le ciel bleu du Rendez-vous des papilles.

À quelques semaines de la prochaine édition, qui aura lieu du 20 au 22 septembre, la capitaine du rendez-vous gourmand maskoutain quitte le navire pour retourner à ses anciennes amours. Caroline Poussart a remis son tablier de directrice générale au conseil d’administration, mais continuera à temps partiel et à distance d’assurer le suivi en vue de la prochaine édition qui coïncide avec le 10 e anniversaire. Son règne aux commandes de l’organisation n’aura même pas duré deux ans! Est-ce une grosse perte?Je ne peux répondre à cette question. Je ne me souviens pas avoir croisé Mme Poussart quelque part depuis sa nomination. Mais dans ce genre d’organisation, ce sont les résultats sur le terrain qui font habituellement foi de tout, lorsqu’il est temps de juger de la performance et de l’efficacité d’un dirigeant.Mais comme le succès ou l’échec d’une activité comme le Rendez-vous des papilles est largement tributaire de la météo et de ses caprices, surtout à la fin septembre, il est toujours difficile d’attribuer tous les mérites ou les torts à une seule personne.Cela dit, le désengagement de Mme Poussart à environ six semaines des festivités est certainement déplorable, dans la mesure où il risque de fragiliser une organisation aux fondations précaires et aux ressources limitées. On a beau me dire qu’il y a des opportunités dans la vie qui ne se refusent pas, c’est à se demander si ce changement de carrière n’aurait pas pu attendre encore un mois ou deux, le temps pour Mme Poussart de livrer la marchandise et d’assurer une transition réussie.Même si tout semble bien engagé, cette nouvelle laisse un goût amer dans la bouche de bien du monde. Le spectacle va continuer, mais il faudra s’assurer que toutes les ficelles ont été bien attachées. C’est le bonheur que je nous souhaite.Une fois le choc et le rendez-vous 2013 passés, le conseil d’administration devra se livrer à un bon examen de conscience. Contrairement au vice-président du rendez-vous des papilles, Donald Côté, je ne crois pas que la question salariale explique tant que ça les difficultés des papilles à recruter et à garder des candidats de qualité.Payer un DG autour de 50 000 $ pour un mandat comme celui des papilles est déjà largement suffisant à mon avis. Même qu’il y aurait moyen de faire davantage en consacrant moins d’argent dans l’administration des papilles.Comment? En confiant la coordination de l’événement à un organisme du milieu.Je pense au Bureau de tourisme et des congrès où l’on doit sérieusement commencer à se tourner les pouces en raison de la grève à l’Hôtel des Seigneurs.Comme la Ville de Saint-Hyacinthe finance grassement cet organisme, ne pourrait-on pas profiter de son expertise en tourisme et de ses temps libres? On économiserait entre autres dans le secrétariat et le soutien technique des papilles.On pourrait aussi confier ce mandat à un organisme externe comme le CLD ou encore la Chambre de commerce locale. C’est la formule qui a été adoptée avec succès à Acton Vale pour l’organisation la foire agroalimentaire annuelle.La chambre de commerce valoise a pris en charge tout le volet organisationnel de la Foire, en échange d’une contribution annuelle de 15 000 $ (!) de la MRC d’Acton.La seizième édition a regroupé plus de 50 exposants au parc Donald-Martin en juin dernier et intéressé environ 5000 personnes. Toute la foire agroalimentaire repose sur un budget global d’environ 70 000 $, un montant qui ne couvre même pas la masse salariale du Rendez-vous des Papilles. À Acton Vale, on a décidé de consacrer un maximum de ressources dans la programmation et de limiter au minimum les frais d’inscriptions exigés aux producteurs intéressés à faire découvrir leurs produits.Le départ de Mme Poussart incite donc à la réflexion. Peut-on faire mieux et autrement avec les Papilles? Faut-il revoir nos ambitions et nos moyens? La prochaine édition apportera certainement autant de réponses que de questions.

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