11 septembre 2014
Parcomètres : plaidoyer pour un changement en douceur
Par: Le Courrier

Je suis un « simple » citoyen maskoutain depuis 70 ans…, dont 28 ans dans le village et la ville de Sainte-Rosalie (entre 1972 et la fusion (inévitable) avec la ville-centre). D’aussi loin que je me souvienne, le stationnement payant n’existait pas dans ma ville lorsque j’étais plus jeune et que je demeurais encore dans le Saint-Hyacinthe de mon enfance et de mon adolescence (soit avant les fusions avec les quartiers La Providence, Saint-Joseph et l’Annexe). Il a été instauré, je ne saurais dire depuis quand, mais il est en place depuis plusieurs années.

Mais voilà que la page titre du journal Le Courrier du 7 août m’a fait sursauter : on y annonçait « davantage de cases payantes, tarifs à la hausse, fin de la gratuité absolue les week-ends ». Puisque je m’intéresse, sans être un maniaque, à la politique municipale, je me suis tout de suite interrogé sur le bien-fondé de la possibilité de ce changement important en relation avec le double défi de la difficile revitalisation du centre-ville (que nous reconnaissons tous comme très importante et difficile à concrétiser) et la campagne de publicité très onéreuse (mais aussi très boiteuse…) que la ville a mise en place pour attirer de nouveaux résidents dans notre milieu.

J’ai été renversé d’apprendre dans l’article de la page 7 que je n’avais pas rêvé et que « ma ville » et NOS représentants se proposaient de modifier, de façon pour le moins unilatérale, la manière dont le stationnement fonctionne présentement au centre-ville.

J’ai quand même été soulagé de constater que la position de l’éditorialiste Martin Bourassa (avec qui je ne suis pas toujours d’accord) dans l’édition du 7 août rejoignait la mienne. J’ai transmis « mon » opinion à monsieur Donald Côté qui représente mon quartier, mais, à ma grande surprise, j’ai obtenu une réponse qui m’invitait à faire paraître mon avis dans les lettres ouvertes du journal local puisqu’il trouvait tout à fait justifié que ce changement RADICAL soit mis en place.

Je croyais raisonnablement que plusieurs des citoyens de Sainte-Rosalie et des autres quartiers de notre ville partageraient mon opinion et que d’autres conseillers recevraient des avis des gens qu’elles ou ils représentent sur cette question. 

Au cours de la campagne électorale de 2013, la majorité des candidats aux postes de conseillers et à la mairie ont parlé de transparence et souligné l’importance de prendre le pouls des citoyens avant de prendre des décisions… C’est « bien vu » dans un programme électoral… Mais dans le cas présent, on repassera!

Je ne vais déjà au centre-ville que par affaire : achat spécifique, rencontre avec des amis, des parents, etc. La diminution du nombre des espaces sans frais, l’augmentation du taux horaire (DU DOUBLE!!!) pour l’ensemble des parcomètres du secteur et l’abolition de la gratuité du stationnement durant les week-ends porteront assurément un dur coup aux commerçants du secteur, pour l’achalandage éventuel au Centre des Arts et pour l’économie du centre-ville en général. Je ne crois pas, mais pas du tout, que l’orientation actuelle du conseil, même si elle peut être justifiée, soit de nature à revitaliser notre centre-ville, ni à améliorer la situation de l’économie des restaurants et commerces de ce secteur dont le statut est déjà précaire, bien au contraire!

L’ampleur des modifications envisagées relativement au stationnement au centre-ville me semble EXAGÉRÉE! Même si « l’ancien conseil » a été critiqué plus souvent que nécessaire, les décisions qui ont été généralement prises sous la gouverne de l’ancien maire et de l’équipe alors en place ne m’ont jamais semblé aussi draconiennes.

Elles ont, la plupart du temps, été implantées « étape par étape ». Il m’apparaîtrait ainsi plus sage (et plus rentable électoralement parlant!) de mettre en place de façon graduelle les changements envisagés : augmenter raisonnablement les tarifs de stationnement (pas du simple au double…); « élargir » graduellement la « zone payante » des stationnements au centre-ville si nécessaire; maintenir, du moins pour encore quelques années, le stationnement gratuit les samedis et dimanches; on verra pour le futur. Les nouveaux parcomètres « intelligents », l’augmentation raisonnable du taux horaire, un certain « élargissement modéré de la zone payante » et le plus grand nombre de contraventions émises aux contrevenants (grâce aux nouveaux parcomètres) m’apparaissent déjà une mesure suffisante pour le moment. 

Au maire et aux autres membres du conseil de planifier d’autres changements à la réglementation pour les années à venir après avoir consulté la population à ce sujet. Les résultats de la question Internet du Courrier, même si je sais qu’il ne s’agit pas d’un sondage scientifique, parlent d’eux-mêmes : 91 % des opinions exprimées vont à l’encontre de l’orientation actuelle des élus municipaux. Cette réponse, je l’espère, saura éclairer nos élus. Le commun des mortels se plaint, avec raison, des changements trop radicaux que leurs représentants prennent trop souvent en regard d’une situation problématique. Mon expérience professionnelle et personnelle m’a appris que les changements doivent se faire « en douceur », qu’il ne faut pas précipiter les choses sinon, on risque des « levées de boucliers » et des contestations négatives de la population que les élus municipaux représentent. On le voit bien présentement avec les syndiqués des municipalités du Québec. J’invite donc les membres du conseil à prendre mes commentaires en considération, à les partager entre eux et à reconsidérer l’orientation que les « simples » citoyens, comme moi, ont appris par le biais de notre journal hebdomadaire local ou dont ils n’ont tout simplement pas encore entendu parler, car ils ne lisent pas notre journal local.

Bonne réflexion à tous les membres du conseil…

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