16 août 2012
Parlons dézonage
Par: Martin Bourassa

La scène s’est passée vendredi dernier sur la rue des Cascades, vers midi. Un jeune homme attablé à la terrasse du Zaricot m’interpelle. « C’est toi Martin Bourassa? » Dans ce genre de situation, je ne sais jamais quoi répondre. Il faut dire qu’un coup de poing sur la gueule est si vite arrivé!

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La scène s’est passée vendredi dernier sur la rue des Cascades, vers midi. Un jeune homme attablé à la terrasse du Zaricot m’interpelle. « C’est toi Martin Bourassa? » Dans ce genre de situation, je ne sais jamais quoi répondre. Il faut dire qu’un coup de poing sur la gueule est si vite arrivé!

« C’est toi qui as écrit l’histoire sur le dézonage dans Le Courrier? » Non ce n’est pas moi, mais j’ai approuvé le texte et décidé d’en faire la manchette de notre dernière édition, ai-je répliqué sur un ton n’invitant pas à la confrontation.« Pis c’est quoi ton opinion à toi là dessus? » me demanda ce sympathique lecteur, se présentant aussitôt comme un agriculteur de la région de Beloeil.« Bonne question, tu liras mon éditorial la semaine prochaine! »D’abord un résumé de la manchette rédigée par le journaliste Benoit Lapierre. Les maires de la MRC Les Maskoutains ont le feu au derrière depuis que le ministre des Affaires municipales sortant, Laurent Lessard, a usé d’un semblant de droit de veto pour renverser une décision de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) favorable à la municipalité de Saint-Damase.Cette dernière avait obtenu le feu vert pour dézoner 13 hectares d’une terre agricole à des fins résidentielles. Mais le ministre s’est plutôt rangé derrière une orientation gouvernementale favorisant le développement de la Communauté métropolitaine de Montréal au détriment des 15 MRC autour, dont la nôtre, pour bloquer le projet à Saint-Damase. Un geste qui devrait faire des petits, craignent les maires de la région qui aspirent eux aussi à développer leur milieu. Mon opinion là-dessus? Hé! bien je ne suis pas pour ni contre le dézonage. Je suis pour le gros bon sens et les décisions prises à la pièce. On dira peut-être que je n’y connais rien, mais en matière de dézonage, j’ai plutôt tendance à faire confiance au bon jugement de la CPTAQ. À ma connaissance, obtenir le dézonage de terres agricoles ne se fait pas en criant ciseau au Québec. Les décisions se prennent en comité après analyses et réflexion. Plusieurs parties, dont l’UPA et les MRC, ont leur mot à dire.Au niveau médiatique, on rapporte il me semble beaucoup plus d’histoires de promoteurs insatisfaits et frustrés des décisions de la CPTAQ qu’autre chose, cela dit sans m’être livré à une étude exhaustive de la question.En partant du principe qu’on donne à la CPTAQ la responsabilité de régir le zonage, je comprends mal l’intervention ministérielle. Même que j’accepte très mal l’idée de dire aux MRC en zone rurale qu’elles ne peuvent plus prospérer pour ne pas nuire aux gros centres. Il faut selon moi trouver un juste milieu. Et pour le trouver, je pense que la CPTAQ est encore l’outil le plus approprié que nous avons. Mon « ami » agriculteur est plus ou moins d’accord. « Dézoner de grosses zones, ce n’est pas si compliqué quand on sait s’y prendre. La CPTAQ est bien meilleure pour bloquer des projets sans importance que pour mettre ses culottes quand ça compte. » C’est un point de vue. On pourrait en reparler autour d’une bonne bière.

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