6 avril 2017
Entre les lignes
Pas d’avis sur les avis?
Par: Le Courrier

Tout le monde ou à peu près a son avis sur la publication d’avis publics dans les journaux du Québec. Sauf le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil.

Dans notre édition du 30 mars, nous avons fait écho à cette question qui fait couler beaucoup d’encre depuis la sortie du projet de loi 122. L’une des clauses vise à permettre aux municipalités du Québec de faire paraître leurs avis publics uniquement sur Internet, au lieu de les obliger à les publier dans un média écrit de leur territoire.

La députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, appuie le statu quo, tout comme son parti, en affirmant qu’il n’y a pas de meilleur endroit que les journaux régionaux pour diffuser ces avis et rejoindre facilement la population. Idem pour la Fédération des Chambres de commerce du Québec et le président de la Chambre locale, Simon Giard, le grand ami du maire Corbeil soit dit en passant. « Oui, on espère que l’obligation de publier les avis dans les journaux va demeurer, parce que c’est plus démocratique comme ça. Il y a encore beaucoup de gens qui consultent ces pages-là, et on devrait laisser les avis publics où ils sont », a clairement établi M. Giard lorsqu’interrogé sur le sujet par LE COURRIER. Invité à commenter cette sortie, le maire Corbeil n’a pas caché sa surprise. Mais au lieu d’exposer sa vision personnelle de la chose, il s’est réfugié derrière la position de l’Union des municipalités du Québec.

L’UMQ milite depuis longtemps pour sortir les avis publics des journaux, une position appuyée par le conseil municipal du maire Corbeil en mars 2013.

Le plus surprenant n’est pas tant que le président de la Chambre de commerce soit en faveur du statu quo que d’apprendre que notre maire n’a pas d’opinion sur le sujet. Ça, c’est surprenant! Pour l’aider dans sa réflexion, disons seulement qu’un élu municipal qui est contre la publication des avis publics dans les journaux est un élu qui est contre les médias d’information et surtout contre la transparence. Et en 2017, dans la foulée de la Commission Charbonneau, un élu qui est contre la transparence ne mérite certainement pas de se présenter à une élection et encore moins d’être élu. 

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