9 avril 2020
Contraventions pour rassemblement
Pas de chiffres ventilés de la part de la SQ
Par: Olivier Dénommée

Des policiers de la Sûreté du Québec à cheval ont été aperçus dans les rues de Saint-Hyacinthe la semaine dernière, mais on nous a confirmé que leur visite, non liée à la pandémie actuelle, était au programme depuis un certain temps déjà. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Après des semaines de demandes de la part des journalistes et de la population en général, la santé publique a commencé à dévoiler des chiffres plus précis quant à la provenance des personnes atteintes de la COVID-19. Il ne faut toutefois pas s’attendre au même niveau de transparence de la part de la Sûreté du Québec (SQ) qui s’est contentée lundi de dévoiler que 157 constats d’infraction avaient été rédigés ou signifiés à ce jour sur tout son territoire par rapport aux mesures de distanciation sociale.

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La SQ se fait avare de détails, confirmant que ce chiffre, qui ne sera vraisemblablement pas mis à jour sur une base régulière, ne sera pas ventilé par région ou même par district. Aucune entrevue avec un représentant local n’a été acceptée non plus, indique-t-on. Il est donc impossible de savoir si la MRC des Maskoutains abrite plus de récalcitrants aux mesures prises par le gouvernement Legault que d’autres régions du Québec.

LE COURRIER a eu vent d’une intervention policière cette fin de semaine pour mettre fin à un regroupement à Saint-Damase, mais la SQ s’abstient de tout commentaire sur des actions prises dans le cadre des mesures contre la pandémie de COVID-19. Des porte-parole confirment tout de même que la Sûreté du Québec connaît un important volume d’appels de gens qui dénoncent la tenue de rassemblements depuis le début de la crise. On rappelle au passage qu’il faut composer le *4141 ou le 310-4141 pour faire ce genre de signalement plutôt que le 911.

Amendes salées

Depuis le 3 avril, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) autorise la SQ de livrer des constats d’infraction assortis d’une amende de 1000 $ à 6000 $ (dans les cas de récidives) pour des rassemblements intérieurs ou extérieurs en cette période de confinement.

Avant, les policiers ne pouvaient remettre qu’un « rapport d’infraction général », qui était ensuite analysé par un procureur avant d’être éventuellement autorisé quelques semaines après l’émission. Cette nouvelle façon de faire se veut ouvertement dissuasive puisque l’amende de 1000 $ est maintenant remise sur-le-champ aux personnes qui refusent de respecter les directives.

La SQ invite donc les citoyens à « faire preuve de bonne foi » et de prendre au sérieux les directives du gouvernement pour éviter les mauvaises surprises.

COVID sous contrôle

Dans le contexte actuel, les policiers sont toujours au front, mais prennent les mesures nécessaires pour se protéger du coronavirus. Un porte-parole précise qu’en date du 5 avril, neuf policiers sur tout le territoire de la SQ ont été testés positifs à la COVID-19 et que l’un d’eux est déjà rétabli. « Mais dès qu’un cas est suspecté, le policier se met en quarantaine pour 14 jours. Malgré cela, on ne dénote pas de hausse marquée de l’absentéisme depuis le début de la crise. »

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