19 octobre 2017
Les municipales 2017
Pas de débat dans les espaces municipaux
Par: Rémi Léonard
Le centre communautaire Christ-Roi, comme tous les édifices municipaux, ne peut accueillir d’activité à caractère politique pendant la campagne électorale. Sur la photo, des citoyens assistent à une séance d’information du ministère des Transports en 2016. Photothèque | Le Courrier ©

Le centre communautaire Christ-Roi, comme tous les édifices municipaux, ne peut accueillir d’activité à caractère politique pendant la campagne électorale. Sur la photo, des citoyens assistent à une séance d’information du ministère des Transports en 2016. Photothèque | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe a une politique stricte quant à l’utilisation de ses édifices en campagne électorale : aucune activité politique n’y est permise. L’organisme Solidarité populaire Richelieu-Yamaska (SPRY) l’a appris à ses dépens lorsqu’est venu le temps de louer une salle pour sa traditionnelle rencontre électorale.

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L’activité permet à tous les candidats, autant à la mairie qu’aux postes de conseiller, de se présenter au public. L’assemblée est ouverte à toute la population maskoutaine, qui peut également poser des questions aux aspirants élus.
L’organisme souhaitait d’abord tenir cette activité au centre communautaire Christ-Roi, mais a reçu une fin de non-recevoir de la Ville. Même chose du côté des Loisirs Bourg-Joli. Le refus s’explique par une directive donnée par Me Hélène Beauchesne, greffière de la Ville de Saint-Hyacinthe et présidente d’élection dans cette campagne. La note spécifie que les locaux municipaux « ne sont pas disponibles à des fins de campagne électorale ou de réunion politique », et ce, dans un souci de « préserver la neutralité de la municipalité ».
SPRY s’est finalement tourné vers l’évêché de Saint-Hyacinthe et l’activité pourra quand même avoir lieu le 26 octobre à 18 h 30 au sous-sol de la cathédrale. L’un des administrateurs de l’organisme, Robert Marquette, déplore tout de même ce refus. Il ne s’entend pas avec la Ville sur l’interprétation du caractère « politique » de l’activité. « On est un organisme communautaire non partisan qui ne fait qu’offrir un espace de débat », souligne-t-il, ajoutant que la formule choisie est équitable envers tous les candidats. « On n’a jamais eu de critiques sur le déroulement de l’activité », a-t-il aussi ajouté.
Dans un contexte où le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) veut encourager la participation aux élections municipales, une activité qui permet aux citoyens de rencontrer les candidats, de poser des questions et de se faire une idée sur leur choix devrait au contraire être encouragée, soutient Robert Marquette.
Après vérifications auprès du DGEQ, rien n’empêche la tenue d’une telle soirée dans un édifice municipal, mais un président d’élection peut toujours donner les directives qu’il juge nécessaires « au bon déroulement de l’élection », selon la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.
SPRY a l’habitude d’organiser des « débats populaires » lors d’élections, peu importe le palier de gouvernement. Lors des dernières élections provinciales, en 2014, l’activité s’était déroulée au centre communautaire Christ-Roi, mais l’année précédente, dans le cadre des élections municipales de 2013, le SPRY était également allé au sous-sol de la cathédrale. 

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